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Visite de la forêt du Cranou

- La forêt du Cranou - 25 mai 2018 -

10h30 - Le Pont Rouge - Forêt du Cranou - Laurence Roche, arborant tenue verte des agents de l'ONF et sourire de bienvenue, invite notre petit convoi à s'engager à sa suite sur une route forestière. Deux kilomètres plus loin, moteurs éteints, le calme de la forêt nous envoûte. Nul bruit d'activité humaine. Le vent se fait discret lui aussi. De sons nous ne percevons que les trilles des oiseaux. Belle entrée en matière sous un soleil radieux!

Rassemblés autour d'une table de pique-nique, nous écoutons notre guide dérouler le fil de notre balade matinale avant de nous éclairer sur son métier.

Technicienne de l'ONF, elle a en charge les 1700 ha couverts par les forêts domaniales du Cranou (630 ha) et de Landévennec, les bois communaux d’Argol, Pont-de-Buis, Trégarvan, Plomodiern et un petit espace à Crozon.

Sa mission première réside dans l'application d'un plan de gestion défini à l'échelon régional sur 15 à 20 ans ( coupes programmées - régénération de parcelles ). Mais son travail ne se limite pas à cela puisqu'elle est aussi "correspondant observateur" de la santé des forêts, assurant trente jours par an un suivi pathogène sur les départements du Finistère et des Côtes d'Armor.

Elle intervient également en matière de police de l'environnement et essaie, enfin, de réserver une petite partie de son temps à l'accueil et l'information de public (groupes de scolaires et, plus rarement, d'adultes).

Ensuite, durant près de trois heures, entre ombre et lumière, nous empruntons les allées  sentes et layons nervurant quelques unes des 54 parcellesde la forêt du Cranou. Laurence Roche relève plusieurs indices de présence de chevreuils, ici les végétaux aplatis d'une couchette, là un tronc écorcé par un frottis. Notre marche tranquille est entrecoupée de haltes explicatives sur les différents aspects de la gestion du milieu forestier.

La régénération de la forêt

- elle peut être naturelle. Dans une parcelle définie, les arbres d'une même espèce fournissent gracieusement les graines qui formeront le futur peuplement.

Dans un premier temps, l'homme intervient uniquement pour limiter le développement des autres végétaux. Ensuite, lorsque les plants parviennent au stade du gaulis (entre 3 et 6 mètres) il procède au dépressage, opération consistant à réduire la densité des arbres afin de favoriser la croissance en diamètre du tronc et le développement du houppier.
Le but poursuivi est la présence dans chaque parcelle d'une futaie régulière, autrement dit d'arbres du même âge.. Au Cranou, la priorité est la régénération en chênes en raison de la bonne génétique de la souche locale. Cependant, si ces derniers sont absents ou peu nombreux dans une parcelle, on mise alors sur le hêtre ou toute autre essence.

- elle peut être artificielle. Une des parcelles arpentées contient des pins de Douglas plantés à 3 m d'intervalle après la tempête dévastatrice de 1987. Ils présentent l'avantage d'améliorer le sol contrairement à beaucoup d'autres résineux qui, eux, l'acidifient. La forêt en est couverte sur 20 ha

Le Cranou participe à la régénération artificielle d'autres milieux sylvestres. En effet, l'une des parcelles (n°24) est peuplée de chênes sessiles classés. Les glands qu'on y récolte sont confiés à la Sécherie de La Joux dans le Jura. Les graines y sont mises en dormance avant d'être revendues pour la reproduction forestière.

L'exploitation de la forêt

Les critères de gestion d'une forêt sont multiples. Ils visent à assurer sa capacité de régénération, à développer sa fonction sociale et environnementale mais doivent aussi permettre que sa fonction économique soit durablement satisfaite, notamment pour les besoins en éco-matériaux de la filière bois.

Les programmes de coupe établis font l'objet d'un suivi rigoureux. Les ventes sont organisées de deux manières :

- soit sur pied : entrepreneurs ou particuliers procèdent alors eux-mêmes à l'abattage et l'enlèvement du bois.

- soit en régie : les bûcherons de l'ONF coupent et débitent les arbres qui sont ensuite vendus à différents acteurs.

En forêt du Cranou, les chênes sont abattus lorsqu'ils atteignent l'âge vénérable de 180 ans. Moins chanceux, les pins de Douglas ne franchiront pas le cap de leurs 80 ans. Le bois est en général acheté par les scieries locales.

La préservation de la biodiversité

Plusieurs actions sont menées en ce sens :

- La lutte contre les espèces invasives ( laurier palme...)

- La création d'îlots de sénescence, secteurs laissés en vieillissement naturel permettant l'apparition de bois mort sur pied et au sol. Ils favorisent l'accueil d'une faune spécifique (chauve-souris, pics, insectes..) et le développement des champignons se nourrissant de bois mort.

- Le respect de la période de nidification. Ainsi, d'avril à juillet, l'utilisation d'engins d'exploitation susceptibles de déranger les oiseaux est proscrite.

- La conservation des essences non intéressantes économiquement. En dehors des espèces déjà citées nous rencontrons sur notre parcours frênes, néfliers, ifs, houx, pins laricio, pins sylvestres, épicéas de Sitka, sapins pectinés...Une question sur le lierre donne à notre guide l'occasion de mettre à bas une idée reçue : cette liane arbustive ne nuit à un arbre que s'il est malvenant (affaibli, malade) et, de plus, situé en lisière car elle accroit la prise au vent. Dans les autres cas, le lierre procure un abri aux insectes et oiseaux, est très précieux pour les abeilles en raison de sa floraison tardive et protège l'arbre des coups de soleil.


La dernière partie de notre parcours serpente au sein de l' arboretum créé en 1970 dans le but d' étudier l'effet du réchauffement climatique sur différentes essences venues d'Asie, d'Amérique du Nord et du Sud et d'Europe. Y ont notamment été implantés l'épicéa de Sitka (originaire de la côte nord-ouest des Etats-Unis), le mélèze, le cryptomère du Japon, un érable jaspé. Actuellement, 135 espèces croissent dans cet espace de 14 ha qui leur est dévolu.

Liens utiles concernant l'arboretum :

 https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/arboretum-du-cranou-un-voyage-intercontinental-26-08-2011-1410356.php

 http://www.lefigaro.fr/sciences/2006/10/19/01008-20061019ARTFIG90055-des_arbres_venus_d_ailleurs_a_l_arboretum_du_cranou.php




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