Université du temps libre "Kreiz Bro leon"   -  Les sorties 2016 / 2017

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Visite de la ferme aux insectes


1981 : création de Saveol, coopérative de maraîchers produisant essentiellement tomates et fraises.

1983 : premiers pas dans la Protection Biologique Intégrée grâce à la mise en place d' un élevage d'insectes.

1989 : lancement de la pollinisation naturelle des cultures par les bourdons.

2013 : création du site actuel de la ferme, d'une superficie de 6500m2.


La ferme aux insectes déploie ses structures de verre en bordure de la voie express Brest-Morlaix, au lieu-dit Kervao sur la commune de Guipavas.
La visite débute par une brève présentation video de la coopérative, de ses productions et de la ferme. Nous sommes ensuite invités à déambuler dans un couloir central où tout n'est que silence. Les parois vitrées qui le bordent nous interdisent l'accès au monde végétal qui s'offre à notre vue. Quelques personnes s'activent au milieu d'innombrables rangées de plants de bonne taille (1,5 – 2 m) mais d'insectes...nulles traces visibles.

Anaelle, notre guide, nous permettra de constater leur omniprésence mais, pour le plus grand nombre d'entre eux, aux tout premiers et donc très discrets stades de leur évolution.

La lutte biologique

Qu'entend-on par « lutte biologique »?
La définition officielle présente la lutte biologique comme l'utilisation d'organismes vivants pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs. C'est donc un moyen de juguler les nuisances d'un insecte donné en lui opposant son prédateur naturel. Ce principe, déjà appliqué bien avant l'irruption des traitements chimiques, rétablit les équilibres naturels.

Pourquoi Saveol s'est engagé dans la lutte biologique ?
Pour deux raisons principales :

    • la recherche de l'efficacité. Les ravageurs résistant de mieux en mieux aux traitements, les produits phytosanitaires ont montré leurs limites, .

    • le souci de préservation de l'environnement et de protection de la santé du personnel employé.

Quel est le ravageur visé par Saveol ?
Il s'agit de l'aleurode, communément appelée mouche blanche, qui, durant la vingtaine de jours de son existence, se nourrit de la sève des plants de tomate. Sans aide, ceux-ci s'affaiblissent et meurent.

Quels sont les insectes à mobiliser?

    • l'Encarsia formosa et l' Eretmocerus eremicus, deux micro-guêpes de 0,6 mm qui pondent leurs œufs dans les larves d'aleurodes, les empêchant de se développer.

    • le Macrolophus, punaise de 6 mm se nourrissant d'oeufs, de larves et d' aleurodes adultes.

Comment est menée la lutte ?
« Plantons » le décor
Les serres sont divisées en plusieurs cellules. Des « plantes hôtes » (celles, citées plus haut, visibles depuis le couloir) y sont cultivées en hors-sol. Il s'agit de plants de tabac (variété sans nicotine) choisis pour leur appartenance à la même famille (solanacées) que les plants de tomates et pour leur plus grande robustesse.

Le scénario
Acte 1 - Paradoxalement, la lutte contre les ravageurs commence par leur introduction et leur élevage. Durant 8 heures on laisse des aleurodes adultes pondre sur les feuilles de jeunes plants de tabac. Ceux-ci sont ensuite isolés 16 heures en cellule noire. Une source de lumière attire les mouches blanches adultes à l'extérieur de ce local permettant ainsi de récupérer les plants uniquement chargés d'œufs.

Acte 2 - Ces plants sont ensuite déposés au sein d'autres cellules où vont alors être introduits des auxiliaires. Dans certains compartiments, il s'agira de micro-guêpes adultes qui s'emploieront à pondre leurs œufs dans les larves d'aleurodes. Dans d'autres, on placera des Macrolophus qui pondront sur les plants de tabac. Leurs larves se nourriront d'oeufs et de larves d'aleurodes.

Acte 3 - Les larves de micro-guêpes sont récoltées puis collées sur des plaquettes (chacune contient entre 100 et 200 larves).
Les
Macrolophus larves et adultes sont collectés et mis en boîtes. Pour qu'ils puissent continuer à se nourrir on y glisse des œufs de papillons.

Acte 4 - Tout ce petit monde est enfin mis à la disposition des producteurs de la coopérative qui s'en procurent plus ou moins en fonction des attaques d'aleurodes dans leurs serres.

Des panneaux d'information jalonnent le parcours.

En arrière-plan, les plants de tabac

La pollinisation naturelle

Sous serre, la pollinisation des plants de tomates ou de fraises s'est longtemps effectuée de façon mécanique, artificielle. A la fin des années 80, la coopérative Saveol a choisi la pollinisation naturelle en lançant un élevage de bourdons terrestres, communément appelés cul-blancs en raison de l'extrêmité blanche de leur abdomen.
Afin de mieux comprendre le processus nous conduisant de la ponte des reines à l'introduction d'une ruche dans une serre,
nous nous immergeons à présent dans un endroit beaucoup moins exposé à la lumière naturelle. C'est que les majestés qui s'y trouvent n'oeuvrent correctement que dans la pénombre.
Des vitrages donnant sur une salle peu éclairée nous révèlent le lieu où sont entreposés les premiers nids des reines. Sont aussi présentés quelques couvains plus ou moins développés en fonction de l'ancienneté de la première ponte.

Couvain : première ponte 13 octobre 2017 Couvain : première ponte 11 septembre 2017

    

Pourquoi préférer le bourdon à l'abeille ?

    • il est moins agressif (le bourdon mâle est dépourvu de dard).

    • il est moins difficile, se satisfaisant de ce qu'il trouve à sa disposition dans son environnement proche. L'abeille est plus aventureuse et exigeante, n'hésitant pas à partir en quête de plantes plus attrayantes, plus mellifères. En outre, elle communique bien davantage avec ses congénères sur les meilleurs « spots »de butinage.

    • il est plus rustique, moins sensible aux variations de température.

    • Les étapes de l'élevage
      1) Dans la nature, les reines fécondées hibernent. Dans la ferme, cette période est respectée en les laissant 15 semaines au réfrigérateur dans des conditions de température et d' « hébergement » très précises.
      2 ) A leur réveil, nos reines sont installées chacune dans un nid et nourries de pollen et de sirop de sucre, substitut du nectar de fleurs. Pour favoriser la ponte, la cellule d'élevage est plongée dans une quasi-obscurité (seule est diffusée une faible lumière rouge) . La température y est aussi régulée.
      3) Au bout de 3 à 4 semaines, après la naissance des premières ouvrières, le couvain, vite à l'étroit, est transféré dans une boîte qui fait office de ruche.
      4) Durant 3 à 4 semaines, la ponte se poursuit. Les ouvrières, dont le nombre peut atteindre la centaine, continuent à nourrir le couvain.
      5) Au terme de cette période, les boîtes sont enfin mises à la disposition des maraîchers pour assurer la pollinisation des plants dans les serres. Il faudra les renouveler toutes les 8 semaines.
      Quelques ruches sont conservées à la ferme aux insectes pour préparer la génération suivante. Des mâles et des reines filles de colonies différentes sont sélectionnés et accouplés. Les reines fécondées hibernent...et le cycle reprend.

Site à consulter : www .saveol.com/fr/la-ferme-aux-insectes.html





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