Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - Compte-rendus des conférences

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Femmes peintres et femmes peintes
Conférence de madame Maryse Lavocat, historienne de l’art 
18 Novembre 2010

Quelques tableaux présentés lors de la conférence accompagnent le compte rendu,
Pour voir les tableaux en grand, cliquez sur le lien dans le texte
(Crédit photos : Internet)

Les femmes à l’origine de l’art ?
La similitude entre une statuette de Vénus préhistorique et une photo de femme enceinte prise à la verticale ferait penser que ce type de statuette est l’œuvre de femmes : ce qu’elles voient en baissant les yeux. 
Artiste ou artisane ?
Au moyen-âge, les femmes sont parcimonieusement admises dans les ateliers d’enluminure : elles décorent les marges, comme Burgaud, fille de l’enlumineur Jean Le Noir.
Sur 229 enlumineurs on compte seulement 11 femmes connues : les imageresses.
Noter que la poétesse Christine de Pisan a aussi été « peintresse ».
Noter aussi la marque particulière des moniales.
Mais la femme est pratiquement exclue du domaine de l’Art : l’homme se dit plus proche de Dieu et revendique son rôle de créateur. 

Les premières artistes européennes
Aux XVIème et XVIIème siècles l’accès de  la femme à l’Art est réduit. L’autoportrait de Sophonisba Anguissola 1532-1625) suscite de vives réactions. Saint Jérôme n’a-t-il pas dit que seul l’homme crée, la femme étant faite pour préserver ? Considérée comme peu intelligente, elle ne peut accéder à l’Académie, ni peindre le nu (indispensable dans le tableau historique qui servait de « morceau de réception »). Les quelques femmes admises à l’Académie présentent des œuvres dites mineures (fleurs…). C’est surtout par l’artisanat que la femme participe à l’économie.
Grandes artistes en Flandre et en Italie. Les premiers autoportraits sont féminins : l’artiste cherche à exister : Hemessen Selbstbildnis, Lavinia Fontana.
La femme produit abondamment le genre secondaire : vanités, natures mortes, scènes de genre. Tableau de Louise Moillon : d’une nature morte elle fait un genre majeur.
Le désir de reconnaissance se manifeste : Artemisia Gentileschi, victime d’un viol, devient le fer de lance de la féminité à conquérir. Judith Leyster introduit la truculence flamande dans la scène de genre
La vénitienne Rosalba Carriera introduit le pastel en France. Dorothea  Leicenska Therbusch peint un nu masculin.
En 1720 l’Académie royale de peinture est réouverte aux femmes. Anne Vallayer Coster choisit pour son morceau de réception les attributs de la peinture, de la sculpture et de l’architecture.

Les nouveaux salons
Le salon de Madame Vigée Lebrun (1755-1842) recevait de nombreux artistes et célébrités.
Adélaïde Labille Guiard ouvrit une école d’art pour jeunes filles. Son but : enseigner la peinture à des jeunes filles non issues de familles d’artistes.
Marie Guillemine Benoist introduit une révolution subtile avec le portrait d’une négresse au salon de 1800. La femme noire est ici vue pour sa beauté, indépendamment de toute considération sociale ou politique. A comparer avec le portrait du noir révolutionnaire peint par Jean Baptiste Belley Girodet.
La Révolution exclut les femmes de l’Institut de France. Pour elles, hors du mariage point de salut. Les femmes peintres sont épouses de peintres.
Des ateliers s’ouvrent cependant aux femmes, comme celui d’Alexandre Dabel de Pujol, peint par son épouse Adrienne Brandpierre Deverzy (1836).
Les femmes impressionnistes ne sont pas reconnues : Manet dédaigne les œuvres de Berthe Morisot, épouse de son frère. Il y a pourtant une singularité de l’impressionnisme féminin.
Rosa Bonheur, du groupe de Barbizon, s’impose comme peintre animalier.
En 1867 l’Académie Julian, lieu de création libre, s’ouvre enfin aux femmes. Tableau de Marie Bashkirtreff.
En 1881 Hélène Bertaux fonde l’Union des femmes peintres et sculpteurs.

Modèles de femmes
La représentation des femmes en peinture est très souvent empreinte de sensualité : Madeleine, par Elisabeth Sirani. Artémisia  Gentileschi peint la scène violente de Judith tuant Holopherne, mais aussi la sensuelle Danaé recevant la pluie d’or.

Madone et maternité
Dans l’art religieux, les Annonciations évoquent à la fois la rencontre avec l’Ange et la séparation.
L’artiste s’identifie à la Vierge, tant dans la maternité (Vierge à l’Enfant) que dans la souffrance (Pieta).

XVIIIème au XXème siècles
Madame Vigée Le Brun (1755-1842): tendresse dans le tableau qui la représente avec sa fille, tableau plus stéréotypé de la reine Marie Antoinette et ses enfants.
Marguerite Gérard (1761-1837) élève de Fragonnard : peint la femme au service des autres : La liseuse, le déjeuner du chat.
Berthe Morisot : Le berceau : scène intense et délicate.
Mary Cassatt (1844-1926), américaine amie de Degas dont elle emprunte les blancs.
Paula Modersohn Becker (1876-1907) : traite Mère et enfant  en naturaliste.
Frida Kahlo, mexicaine (1907-1954): image douloureuse de la maternité.
Niki de Saint Phalle (1930-2002) : Les Nanas. Sublimation de la maternité.

Interdit aux femmes : le nu
Tableau de Dorothea Leicenska Therbusch, Jupiter visitant Antiope, refusé au Salon.
En sculpture, La Valse et Sakuntala de Camille Claudel.
Nus encore académiques de Suzanne Valadon (1865-1930).
Louise Bourgeois (1911-2010), sculpteur et plasticienne, représente le monstrueux : Araignée, Sept dans un lit.

Comment les femmes représentent les hommes
Rappel de Judith tuant Holopherne, par Artemisia Gentileschi
Mise en parallèle du portrait de Pajou par Adélaïde Labille Guiard et de celui d’Hubert Robert par madame Vigée Lebrun.
Dire le masculin : mise en parallèle de Sakuntala de Camille Claudel (représentation du désir féminin) et du baiser de Rodin (abandon).

Souffrance et aspect héroïque (artistes contemporaines)
Germaine Richier : le Christ du plateau d’Assy
Frida Kahlo peint sa propre souffrance, enfermée dans un carcan métallique.
Marina Abramovic  reprend le thème de la Pieta : une femme portant une femme..
Rebecca Horn : femme au masque de métal, mais le masque se prolonge par les crayons de la création.

Le corps, entre fantasme et désir
- Femmes intemporelles de Vermeer.
- Les Vénus et les Grâces, représentation du corps magnifié. Comparaison de quatre Venus : Venus du Titien : la courtisane a posé, offerte. Olympia de Manet : dénonciation de l’exploitation de la femme. Rolla, de Gervex : la courtisane comme mal social, qui ruine et tue : illustration du poème de Musset :
Rolla se détourna pour regarder Marie.
Elle se trouvait lasse, et s'était rendormie,
Ainsi tous deux fuyaient les cruautés du sort,
L'enfant dans le sommeil, et l'homme dans la mort  (A.De Musset)
Cezanne : le client à genoux devant l’icône inaccessible.
- « Performances » de Gina Pane.
- Orlan, caricature de ce qui fait la femme. Multiplie les opérations de chirurgie pour faire de son corps une œuvre d’art.

C.Claudel

S.Valadon

G.Richier

M.Abramovic

R.Horn

Le Titien

Manet

Gervex

G.Pane

Orlan
Enluminure de J.Le Noir

 Sophonisba.Anguissola

Lavinia Fontana

Judith Leyster

D Therbusch

M.G Benoist


R.Bonheur


E.Sirani

Artémisia Gentileschi

Vigée le brun

B.Morisot

M.Cassat

N.De St Phalle





C.De Pisan

H.Selbtbildnis

Artémisia Gentileschi

Rosalba Carriera

J.B Belley Girodet


B.Morisot

M.Bashkirtreff

Artémisia Gentileschi

Vigée Le brun

M.Gérard

P.Moderson Becker
F.Kahllo
D.L Therbusch




t Phalle


D.L Therbusch

C.Claudel

S.Valadon

G.Richier


R.Horn

Le Titien

Manet

Gervex

G.Pane

Orlan
Les femmes à l’origine de l’art ?
La similitude entre une statuette de Vénus préhistorique et une photo de femme enceinte prise à la verticale ferait penser que ce type de statuette est l’œuvre de femmes : ce qu’elles voient en baissant les yeux.