Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - Compte-rendus des conférences

Le Conseil
d'administration
Les activitésNos adhérentsLes programmesComptes rendus
des conférences
Les partenariatsLes actualitésAdresses
et liens utiles
Accueil

Géopolitique de la Chine
Henri Moreau – professeur de géographie ER
30 Septembre 2010
Images traditionnelles :
Beaucoup de pays ont leur animal symbole (le coq gaulois). Pour la Chine c’est le dragon, qui répand la peur.
Chaque peuple a tendance à se considérer comme le centre du monde. La Chine se pense comme l’Empire du Milieu : elle au centre ; autour, dans les coins, les barbares.
Symboles taoïstes : le yin et le yang, énergies opposées et complémentaires. En Chine tout est ambivalent. Ex : un régime officiellement communiste, en réalité capitaliste.
Une carte du monde plaçant la Chine au centre fait apparaître l’Europe dans un des coins « barbares », et le « lac Pacifique » comme le lieu des principales communications.
Comme tous les peuples, la Chine se voit comme protégée des dieux. Les empereurs sont les fils du Ciel.
Autre image traditionnelle : celle qu’on a du « péril jaune » (Japon et Chine). Peur de l’étranger, de celui qui ne nous ressemble pas.

Un pays, deux systèmes :

La Chine populaire se réclame du communisme : drapeau rouge représentant l’union des ethnies (petites étoiles) sous la domination des Han (grande étoile). Mais en pratique elle est ultra capitaliste. Son « économie socialiste de marché » génère d’énormes inégalités sociales.
Il y a de très grosses différences de développement économique entre la bande littorale, très développée, une zone intermédiaire, et la zone intérieure, restée quasi-moyenâgeuse. Les Chinois de l’intérieur rêvent d’accéder aux biens de consommation. Or le Hukou, système d’enregistrement qui indique le lieu de naissance et la résidence légale de chaque Chinois, interdit l’émigration intérieure. Ceux qui quittent leur région pour aller travailler dans les villes deviennent clandestins, n’ont plus d’existence légale, n’ont le droit ni de se marier ni de scolariser leurs enfants. Ce sont les Mingong, travailleurs corvéables à merci, qu’on jette à la fin des chantiers (exemple après les jeux olympiques). Ils sont environ 250 millions. C’est devenu une source d’insécurité.
La prospérité chinoise est due en grande partie à l’imitation de ce qui se fait en Occident, par la contrefaçon, et par l’achat de brevets industriels : ils font venir des usines avec transfert de savoir-faire, pour ensuite se livrer à la production indépendante.
La fascination de l’Occident se traduit dans les loisirs (Disneyland) comme dans l’architecture : on trouve des immeubles ultramodernes jusque dans le désert.

Les autres Chines :

Hong Kong : territoire minuscule, rendu à la Chine par l’Angleterre en 1997. Officiellement chinois, mais avec son propre gouvernement, non inféodé au communisme, avec des élections semi-démocratiques.
Macao, ancienne colonie portugaise, officiellement communiste depuis 1999, mais devenue l’enfer du jeu. (Contraste entre les monuments d’architecture ibérique et les immeubles modernes).
Taïwan (23 millions d’habitants) : refuge de Chiang Kai Chek, devenue la Chine nationaliste.
Pékin prétend annexer Taïwan, tandis qu’à l’intérieur de l’île le régime actuel voudrait consolider l’indépendance (taïwanisation).

Aspects de la Chine actuelle (voir chiffres en annexe)

Evolution rapide des transports : de la traction humaine ou animale à la bicyclette, puis à la voiture.
En août 2010, un bouchon de 120 km de long a bloqué la circulation pendant une dizaine de jours près de Pékin sur une autoroute inachevée venant de Mandchourie (charbon).
Croissance rapide : On a encore peur de la Chine, vue comme voleuse d’emplois. C’est à discuter. La Chine reprend en fait la place qu’elle avait autrefois dans le monde : 29% du PIB mondial en 1820.
Formidable appétit de pétrole et de charbon, avec la pollution pour conséquence.
Population : une seule province chinoise est plus peuplée que la France, mais la densité est beaucoup moindre que celle des pays européens.
Contrôle des naissances (au contraire de l’Inde) : du fait de la politique de l’enfant unique, les enfants sont gâtés, couvés, protégés. En grandissant ils deviennent souvent ingérables, ce qui peut être inquiétant pour l’avenir. Il naît plus de garçons que de filles : traditionnellement il faut un garçon pour perpétuer le culte des ancêtres. La sélection s’est donc faite par des infanticides féminins, puis par des avortements sélectifs. Conséquence : beaucoup de jeunes hommes ne trouveront pas de compagnes. Autre problème : qui paiera les retraites ? On va vers des revendications sociales, qui d’ailleurs commencent à paraître.

L’histoire de la Chine explique la Chine actuelle

De 1644 à 1911, les empereurs mandchous de la dynastie Quing vivaient enfermés dans la cité interdite, ignorant ce qui se passait ailleurs. Ce qui faisait de la Chine un pays fermé.
Les « traités inégaux »
(traité de Nankin en 1842  et traité de Tianjin en 1858) imposèrent à la Chine une ouverture et une soumission aux puissances européennes dont elle redoute depuis l’expansionnisme. Méfiance aussi à l’égard du prosélytisme chrétien.
Actuellement c’est la Chine qui pratique l’expansionnisme : diaspora dans le sud-est asiatique, tensions avec l’Inde et la Russie, revendication de la mer de Chine (riche en pétrole).