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Les mammifères marins
Conférence de Sami Hassani, chercheur à Oceanopolis
27 janvier 2011

Crédit photos S.Hassani* et Internet

Les mammifères marins sont ainsi nommés parce qu’ils allaitent leurs petits et s’alimentent en mer. On distingue cétacés (ex : baleine, orque, cachalot , dauphins, marsouins...), siréniens (ex : lamantin, dugong)et  carnivores marins (ex : morse, otarie, phoque... ). Ces derniers sont semi-aquatiques : ils n’ont pas perdu le pouvoir de se mouvoir sur la terre ferme et d’y mettre bas.

Statut : Les premiers animaux protégés ont été les phoques. Première interdiction de chasser en 1962. La dernière directive en date (directive habitat 1992) concerne la protection de leur habitat. L’interdiction de détruire, poursuivre, capturer les dauphins date de 1970.
Auparavant on mangeait la viande des dauphins et autres cétacés. Les marsouins, viande de carême par excellence (faussement assimilée au poisson). Sous Colbert la viande de marsouin était pour les troupes, le dauphin pour les officiers. Les dauphins ont été poursuivis comme nuisibles, en particulier pour la pêche à la sardine. Les marins ont été armés et on reçu des primes pour les détruire.

La richesse : abondante autour des côtes bretonnes.
Cétacés : dauphins (bec, aileron arqué), marsouins (pas de bec, aileron arrondi), cachalots et baleines sont présents.
Siréniens : absents de Bretagne. Vivent surtout en eaux chaudes.
Phoques et loutres sont présents. La loutre vient sur l’estran, mais doit se laver le poil en eau douce.
Otaries et ours blanc sont absents.
Espèces présentes toute l’année : phoque gris, phoque veau marin, dont les colonies bretonnes sont les plus méridionales. Groupes résidents de grands dauphins à Molène, à Sein et dans la baie du Mont Saint Michel, marsouin
Le suivi :
Suivi des échouages, organisé au niveau national. La partie bretonne est gérée par Océanopolis, avec des correspondants locaux habilités.
Intérêt de ce suivi :
- Repérer les évènements atypiques. Exemple : un graphique tenu de 1977 à 2007 fait apparaître un nombre accru d’échouages depuis 1990, date de l’apparition du chalut pélagique. Tous le témoins d'un tel échouage peuvent contacter le centre d'Océanopolis Contact
 Sami Hassani : Tél. 02 98 34 40 52 sami.hassani@oceanopolis.com
- Observer la diversité.
- Opérer des prélèvements (possibles dans certains cas avec autorisation).
- Voir apparaître des espèces exotiques (dauphin de Fraser, dauphin tacheté, lagénorhynque à flancs blancs).
- Constater le retour d’une espèce : retour du dauphin commun ; carte mettant en évidence le retour des marsouins. Etude génétique menée avec l’UBO pour établir l’origine de ces « recolonisateurs » : soit les côtes ibériques soit la mer du nord.

Le centre de soin pour phoques à Océanopolis : Soigner - Nourrir - Baguer - Socialiser - Chapeauter - Relacher - Suivre.
Reçoit principalement des jeunes. Pendant l’allaitement le blanchon accumule une réserve de graisse. Ensuite certains d’entre eux, laissés à eux mêmes, perdent toute cette énergie et s’échouent.
Les organismes sont fragilisés : les problèmes respiratoires, gastro-entérites, problèmes oculaires sont actuellement maîtrisés. Les soins sont  facilités du fait que le phoque peut rester au sec.
On lui apprend progressivement à manger seul, il est bagué avec une marque qui lui sert de pièce d’identité à vie  puis il est mis en bassin avec plusieurs concitoyens pour le socialiser. Ensuite, on lui fixe un petit « chapeau » sur la tête (ou décoloration du poil) qui permet de le reconnaître quand il est dans l’eau. Une fois relâché il est suivi au moyen de sa bague, par photo-identification (reconnaissance par les taches particulières à chaque individu), et aussi par balises argos. Celles-ci ont permis de constater par exemple que sur 425 phoques suivis, 2 seulement sont restés en mer d’Iroise. L’activité du centre de soins n’est donc pas responsable de l’augmentation du nombre de phoques.

Intérêt du centre de soins :
- Outil de formation pour les vétérinaires travaillant sur la faune sauvage.
- Outil de veille sanitaire et de  recherche de maladies : la bruxellose, la leptospirose, présentes sur les mammifères marins, induisent des risques d’épizooties et de zoonoses (transmission à l’homme).
- Outil de recherche : exemples : après le naufrage de l’Erika, étude de l’impact sur les populations de phoques et de loutres ; possibilité d’études de génétique.
- Outil de sensibilisation (programmes éducatifs).

Les observations en mer : pour constater la diversité des espèces, la saisonnalité, les zones remarquables.
-Données « opportunistes » collectées à partir d’observations volontaires.
-Recensement par survols marins avec le parc marin d’Iroise.

Grands dauphins : structure et taille des groupes repérées par photo-identification (vols d’hélicoptèresqui permettent de les identifier  grace aux marques qu'il ont sur l'aileron) .Etude du territoire : à l’île de Sein on observe un site de jeu l’été, un site d’alimentation l’hiver. A Molène, observation d’un changement interannuel du domaine vital.

Phoques gris : l’observation des reposoirs et l’étude de la fidélité aux sites permettent de constater une augmentation globale de la population, et des effectifs changeants en fonction des saisons. L’enregistrement de leur activité en mer met en évidence un comportement propre à chaque individu : n’ayant pas été « éduqué » à l’origine, chacun s’invente ses propres techniques de recherche de nourriture. Les plaintes des pêcheurs ont rendu nécessaire l’analyse du régime alimentaire. Les espèces les plus consommées sont le congre et la vieille.

Bilan du fonctionnement : Variations saisonnières des effectifs, de la répartition mâles-femelles et des individus au sein de l’archipel de Molène, accroissement de la population (6%/an). Déplacements importants au delà de la bande côtière.
La population n’est ni sédentaire ni strictement côtière.
Prédateurs majeurs, les phoques sont les indicateurs de la qualité du milieu. Eléments dérangeants : la présence de contaminants entraîne chez eux baisse de fécondité et dépression immunitaire ; captures accidentelles par les pêcheurs, surpêche, entraînant pour eux la diminution du nombre de proies ; le trafic maritime et les sons qu’il engendre font déplacer les populations ; dangers liés à un écotourisme mal maîtrisé ; sonars basse fréquence pour les recherches sismiques ; recherche de pétrole ou de gaz.

Moyens à mettre en œuvre :
Dérangement : nécessité d’une charte de bonne conduite : limiter l’accès aux sites pendant les phases critiques du cycle biologique ; définir une distance de travail ; fixer un nombre d’embarcations dans un rayon donné ; limiter la vitesse de déplacement des embarcations ; réglementer le comportement des bateaux en présence des animaux ; éduquer et sensibiliser.
Captures accidentelles : améliorer la sélectivité des engins, utiliser des moyens acoustiques pour éloigner les phoques des filets, aménager les pêcheries.
Contaminants, changements climatiques : l’action doit se faire à plus grande échelle. Notion de sites pilotes .Exemple : le parc marin d’Iroise, limite du sud de la présence des phoques, présence de dauphins résidents, zone charnière. Nécessité d’un suivi à long terme et d’une veille environnementale. des engins
 
             Baleine                                 Dauphin

Lamantin

           Veau marin*                                Otarie
Signes d'identification de l'espèce

             Phoque*                                Veau marin*

              Phoque*                                  Veau marin*
Signes d'identification de l'espèce
 
              Dauphin                                Marsouin
 
                  Soigner*                                   Nourrir*
 
            Socialiser*                                   Baguer*
   
       Chapeauter*                              Relâcher*

Carte de suivi des phoques*
    
Signes d'identification de dauphins*





* Photos Sami Hassani