Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - Compte-rendus des conférences

Le Conseil
d'administration
Les activitésNos adhérentsLes programmesComptes rendus
des conférences
Les partenariatsLes actualitésAdresses et liens utiles

Conférence de monsieur Joël Auvin dit "Nono", dessinateur de presse 
16 décembre 2012

Le dessin de presse

Dessinateur de presse au Télégramme

Informé par téléphone vers 17 heures du thème de l’article à illustrer, le dessinateur doit envoyer son dessin au journal avant 20 h 30.
Malgré l’urgence, le dessin est plus un plaisir qu’une contrainte. Le dessinateur est libre de son idée, qui joint souvent deux thèmes ou évènements, (celui demandé par le rédacteur en chef et celui que voudrait illustrer le dessinateur (ex N° 1 : Notation de la France et condamnation de Chirac, N°2 recherche médicale et procès de Chirac, N°9 Difficultés de Berlusconi et naissance de la fille de Sarkozy) ). Le dessin n’est pas une illustration directe de l’article du journal, mais le regard du dessinateur, exprimé en toute indépendance.

Le Cursus de Nono

Dessine dès le lycée, p. ex sur la demande du professeur de latin qui l’invite à illustrer ses cours. Etudiant à Rennes en 1968, il dessine grèves et manifs. Il participe à la section de celtique de Per Denez, qui lui propose d’illustrer sa méthode de breton Brezhoneg buan hag aes. En 1973, il est nommé professeur de philosophie au lycée de Carhaix. Au temps des conflits sociaux (Plogoff, etc), il dessine pour Oxygène, Le Peuple Breton, Le Canard de Nantes à Brest, Frilouz, Ouest-France, etc. Au passage il dessine la première affiche du festival des Vieilles Charrues. Nommé ensuite professeur de philosophie à mi-temps à Vannes au lycée Charles de Gaulle, il passe au Télégramme de Brest en 1997 et publie aussi dans Le Peuple Breton, le mensuel de l'Union Démocratique Bretonne.

La « cuisine » du dessin de presse

Le dessin de presse illustre l’immédiat (N°3 déclaration de C.Guéant sur les étrangers et les fraudeurs de la Sécurité sociale). Il utilise la caricature dans une mise en scène apte à exprimer une idée. L’interprétation peut d’ailleurs varier selon les classes d’âge (N°4 allusion au rationnement pendant la guerre, N°5 30 ème anniversaire de la mort de Brassens, N°6 : cas Berlusconi). Il utilise aussi les problème de société (N° 10 pénurie de médecins)
Les personnages doivent être reconnaissables (N° 11 désignation des candidats à Vannes (F.Goulard, H Pellois, F.Hollande, M.Aubry). Savoir utiliser des signes qui désignent un policier, un juge, un avocat, un cultivateur, une grand-mère…(N°7les barbouzes, N°8 l'écolo
Veiller à ne pas choquer le lecteur (le Télégramme, journal sans position politique officielle).

Liberté d’expression et censure

On peut tout dessiner : liberté d’expression dans une démocratie laïque.
Le Télégramme laisse cette liberté au dessinateur. Il arrive que celui-ci s’auto-censure, en fonction de ses valeurs personnelles.
On peut tout dessiner, mais le dessin doit avoir un sens (N°12 M.Le Pen cherchant ses signatures en Bretagne où son père n'en n'avait eu aucune), que le dessinateur doit assumer.
Exemple des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo : Le turban en forme de bombe sur la tête de Mahomet n’a guère de sens. Le même turban est plus significatif sur la tête d’un imam d’aujourd’hui.

La caricature fait partie du jeu politique 

C’est même une forme de reconnaissance recherchée par les personnalités, de sorte qu’il s’établit une sorte de jeu entre le dessinateur et son modèle.
La caricature de personnes privées demande plus de prudence.
Le dessin de presse a désormais sa place dans tous les journaux : rôle important de la dérision.
Le dessin incite à lire l’article, (N° 13) il attire le lecteur à l’intérieur du texte écrit. Grâce au décalage qu’il introduit, il permet de prendre du recul par rapport à l’événement.

La caricature

En trois coups de crayon, le personnage apparaît et il n'est point besoin d'attendre la fin pour le deviner. Les éléments majeurs sont mis en valeur et définissent le personnage. Parmi les caricatures faites en direct on reconnaît Chirac (N°14) avec son nez, Sarkozy avec ses oreilles (N°15) , Cozan avec son écharpe (N°17) , Johny (N°16) (le texte venant en appui) et la bretonne avec sa coiffe (N°18).


N°11

N°12

N°13

N°14

N°15

N°16
                                            
N°17                                                           N°18                           


N°1

N°2

N°3

N°4

N°5

N°6

N°7

N°9

N°10