Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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La compagnie des Indes
Brigitte NICOLAS, Conservatrice du musée de Port-Louis.


Le contenu de la conférence devant faire l’objet d’une publication, nous ne pouvons publier le compte rendu comme à l’habitude. Vous trouverez ci-dessous un aperçu fourni par la conférencière.

La création des grandes compagnies de commerce à charte, les compagnies des Indes, ne se fait pas ex-nihilo au XVIIe siècle. Elle s’inscrit dans un contexte historique séculaire qui est celui de la quête des épices et par conséquent des routes terrestres et maritimes en direction de l’Inde et de la Chine.

Le rôle des marins portugais dans cette épopée vers les Indes est capital. Le portugais Vasco de Gama fut en effet le premier marin à gagner l’Inde en 1498 ; à partir de cet instant et pour un siècle, le Portugal fut le maître des mers en direction de l’Asie. Lisbonne devint le port d’avitaillement des capitales européennes qui purent enfin se procurer les fabuleuses marchandises de l’Orient

Evinçant peu à peu les Portugais, les Hollandais et les Anglais fondèrent respectivement, en 1600 et 1602, la Véreenigde Oost Indiche Companie et l’East India Company. Ils inaugurèrent l’ère des compagnies de commerce européennes à charte bénéficiant du monopole du négoce au-delà du cap de Bonne-Espérance.

Au troisième quart du XVIIe siècle, suivant l’exemple des Anglais et des Hollandais, Colbert décida la création des premières compagnies des Indes françaises.

La puissance financière, logistique, militaire et régalienne des compagnies à charte permit la structuration du commerce avec l’Asie. Des escales furent créées, des traités d’entente avec les rois et les suzerains furent signés, des loges et des comptoirs furent fondés.

La périlleuse aventure maritime et financière devint de plus en plus sûre. Les matières premières (épices, thé, café, sucre, drogues médicinales, bois, etc.) et les technologies non maîtrisées en Europe devinrent indispensables aux riches populations européennes.

Le souvenir de ce formidable mouvement commercial est connu à travers les porcelaines de commandes chinoises nées de ce formidable métissage culturel mais, le grand public n’imagine pas que les étoffes de coton indiennes forment la grande part de commerce des compagnies des Indes.

Loin des clichés rêvés par l’homme moderne, la consultation des archives historiques de la Compagnie des Indes révèle que la quête de tous ces produits adventices exigea souffrance et sacrifice, exil et misère pour beaucoup de marins et d’anonymes et qu’elle se commua en tragédie pour les Africains victimes du développement du commerce de traite dont la Compagnie détenait le monopole.

L’histoire des compagnies des Indes met en lumière la mondialisation de l’économie au XVIIIe siècle. Elle est la première partition d’une politique de colonisation qui trouva son aboutissement au moment même ou les grandes compagnies de commerce perdirent leurs privilèges.