Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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C'est quoi un clown ?
Yano benay, metteur en scène, comédien

(extrait du dossier de presse)

Depuis une quinzaine d’année que je m’intéresse au clown, que je pratique cet art,  je  souhaite  à  travers  ce  travail  mettre  en  lumière  cette  figure  mystérieuse
qu’est  le  clown,  ses  origines,  sa  singularité,  sa  multiplicité ;  élargir  les représentations souvent stéréotypées de ce personnage extraordinaire. 
En 2010, j’ai débuté un travail de recherche et d’analyse de l’histoire du clown. Après quelques expérimentations publiques, un travail sur une écriture théâtrale et une recherche sur le traitement des  images, je me dirige aujourd’hui vers la création d’une forme de conférence spectaculaire…un voyage dans la tradition
sous une forme résolument moderne. »

C’est quoi un clown ?
Quelles sont ses origines ?
Pourquoi le clown intrigue, fascine ?
S’il nous fait rire, pourquoi parfois il nous fait peur ?
Si je vous dis clown, c’est quoi le premier visage qui vous vient dans la tête ?
MOI c’est celle là !


 Résumé
Le dit « conférencier » hanté pendant son enfance par cette peinture de clown de Bernard Buffet, nous livre son histoire, ses peurs, ses découvertes sur l’« Etre Clown ».
Il partage avec le public les visions qui tapissent son paysage intérieur. Au fur et à mesure du déroulement de son exposé, il devient le personnage tragi-comique et inquiétant que peut-être un clown.
Le titre ?
« A-é-Où-U » pour dire «Avez-vous vu » 
C’est  ce  que  lance  Boswell  (clown  anglais)   au  public  après  s’être  mis  en équilibre sur la tête au bout d’une perche…
En effet, jusqu’en 1864, la loi interdit la parole aux forains. Les clowns parlent en grommelot.
Ecriture
A travers différents médias, le spectateur découvre :
- L’histoire du clown 
- Sa fonction
- Sa symbolique
Ce que nous révèle ce héros populaire sur notre humanité
3 types de parole se superposent dans le récit :
Le  récit  « historico-scientifique »,  en  alternance  avec  l’histoire  intime du conférencier, lui-même hanté par les clowns.
Le  comportement  « burlesque »  du  conférencier,  son  rapport  au  monde,  aux objets, à l’espace.
La  parole  liée  à  l’image,  la  scénographie,  le  kaléidoscope  des  masques  de clowns.
 
L’image est un élément essentiel d' "AéOuU".
Le centre du propos est la représentation du clown,  picturale, filmique. 
A quoi nous renvoie t-elle inconsciemment ou consciemment ?
Un souvenir, un cauchemar, une peinture…
 
Un système vidéo permet de projeter l’image n’importe où dans l’espace de jeu et sur plusieurs plans : dans une valise, sur le corps, sur une feuille de papier.
Ce  système  est  manipulé  en  direct  par  le  comédien  ce  qui  rajoute  de l’interactivité au spectacle.
 La projection d’un mot ou d’une phrase, d’une image ou d’un film est au service du jeu. Elle interrompt le discours du conférencier, lui fait se rappeler quelque chose, envahit son espace, le transforme.
 L’image ne vient pas illustrer un propos mais fait résonner le sens, fait écho au jeu, amène de la magie et du mystère. 

(Yano benay)


Quelques précisions

Le mot « clown », emprunté à l'anglais, vient du germanique klönne signifiant homme rustique, balourd, depuis un mot désignant, à l'origine une motte de terre. En anglais, on trouve aussi clod et clot, signifiant aussi bien motte que balourd, plouc. Le mot anglais clown a d'abord désigné un paysan puis un rustre. L'origine rurale du clown est une caractéristique de base du personnage. Comme le Zanni italien, l'un des premiers personnages de la Commedia Dell'arte, et le Pierrot français, le clown qui arrive de la campagne dans l'univers citadin, fait rire par son comportement décalé et désadapté, sa naïveté, sonôté terre à terre et sa proximité avec le monde animal.
AuXVIe siècle il est passé dans le vocabulaire du théâtre pour désigner un bouffon campagnard.
A l’origine, le rôle du clown était d’amuser entre deux numéros violents ou dangereux. En prenant de l’importance, les clowns ont donné une connotation nouvelle au spectacle.
Aux spectacles équestres, s’ajoute la première figure du clown. Acrobate d’abord, il utilise son corps pour faire rire (cabrioles, numéros avec des animaux). IL est au début tout seul sur scène, puis rejoint par d’autres personnages permettant la création de duos, de trios et de saynètes. Grâce à l’ordonnance sur la liberté des spectacles en 1864.
A la fin du XIXè siècle, les clowns parleurs surpassent les clowns écuyers ou acrobates, et l’on voit apparaître des duos comiques dont le premier est celui de Foottit et Chocolat. La tradition fut entretenue par Antonet et Béby, Pipo et Rhum, Dario et Bario, Alex et Porto, etc...
L’apparition du clown se généralise dans la seconde moitié du XIXè siècle. Le premier maquillage sera repris et réinventé au fil des siècles par une succession d’amuseurs, dont Joseph GRIMALDI qui en fera un symbole au début du XIXè siècle : maquillé en blanc, il annonce le clown moderne.
Son costume est misérable, son maquillage grotesque ; c’est celui qui reçoit les gifles et les coups de batte (empruntée à Arlequin). Quant à lui, l’Auguste cultive son aspect dépenaillé, et sa singularité lui vient de la démesure de ses chaussures ou de l’extravagance de son manteau. Tous deux, ils forment un duo : l’autorité du clown blanc partage la piste avec l’Auguste.
Plus tard, le duo comique fut complété par Monsieur LOYAL, toujours en habit, incarnant la direction du cirque, provoque des répliques hilarantes.
Vers 1922, les frères FRATELLINI deviennent célèbres avec leurs numéros de clowns musicaux. Paul, Albert et François étaient aussi admirables musiciens qu’excellents danseurs et acrobates. Souvent accompagnés de comparses, ces acteurs sont appelés “pitres” et “contrepitres”.
Les diverses troupes de clowns musicaux utilisent non seulement les instruments classiques comme le violon, l’ocarina, la clarinette, le saxophone, mais ils jouent aussi de l’accordéon et du concertina (petit accordéon hexagonal).
Depuis longtemps les clowns ont quitté le cirque pour la scène ou le cinéma :
Buster KEATON est dépassé par les évènements, les gens, les éléments naturels. Charlie CHAPLIN est le “petit fils” d’Arlequin, qui ferait tout pour un morceau de pain. Laurel et Hardi sont l’archétype du duo clownesque ; le tragique de leurs différences génère des situations comiques. George KARL qui en essayant par exemple de placer un micro sur un pied devient un virtuose de la maladresse. Raymond DEVOS, le clown des mots.
Jacques TATI, le clown observateur des comportements humains. Woody ALLEN, le clown « psy ». Emma La Clown, la femme clown et d’autres encore …

La coulrophobie est une phobie, une peur exagérée des clowns. Le terme est commun mais non utilisé dans la psychologie 1. Le préfixe « coulro- » vient du grec ancien κωλοϐαθριστής / kôlobathristếs signifiant « acrobate qui est sur des échasses » 2. Les personnes sujettes à la coulrophobie sont effrayées à la vue d'un clown, peuvent se mettre à pleurer ou avoir des réactions très fortes caractéristiques d'un état de terreur : stress, spasmes, ou encore difficultés respiratoires. 

Voir aussi : http://touch-arts.com/artistes/scenique/2010/09/14/clown/