Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

Le Conseil
d'administration
Les activités Nos adhérents Les programmes Comptes rendus
des conférences
Les partenariats Les actualités Adresses
et liens utiles
Accueil

Le jardin de mer
Patrick Cormier, enseignant chercheur
Patrick Cormier, directeur de l'unité de recherche "Mer et santé" (UMR 7150) de l'université Pierre et Marie Curie de Roscoff, antenne du CNRS à la station biologique de Roscoff, nous a tout d'abord présenté le rôle de son équipe, unité qui utilise les modèles biologiques marins pour étudier le cycle cellulaire. Ces études, notamment la compréhension de ce qui se passe au niveau moléculaire débouchent sur des applications concrètes en les intégrant dans un contexte global notamment en cancérologie et maladies parasitaires. L'accélération de l'obtention des données ( x 10 000 000) la rapidité de transfert (ex: même quantité de données 11 h avec le débit normal 80 s avec le très haut débit) et l'évolution de ce domaine de recherche ont permis de multiplier par 30 les projets de génomes entre 2007 et 2013. La station de biologique de Roscoff bénéficie de toutes les infrastructures ce qui lui permet d'être en pointe dans le domaine de la recherche. S'il est un chercheur, P.Cormier est aussi étonné et passionné par les "habitants" de l'estran.
"Prendre le temps de se baisser et de regarder est une démarche souvent négligée. Pourtant cet exercice effectué lors d’une balade sur l’estran, la partie du littoral situé entre les limites des plus hautes et des plus basses marées, permet d’y découvrir un monde étonnant et passionnant. En y transposant ses propres connaissances, le biologiste peut en faire ressortir non seulement la beauté mais il peut aussi souligner le potentiel de ce jardin naturel.
Cette présentation est une invitation à nous promener dans ce « Jardin de Mer » qu’est l’estran. Au cours de cette promenade, nous décrirons le cheminement intérieur du biologiste, mais aussi l’organisation subtile et la disposition des organismes qui habitent l’estran. Comme le jardinier qui aime à nommer ses plus belles fleurs, nous citérons les plus remarquables et nous expliquerons que les noms donnés ne sont pas sans rappeler nos jardins et parcs. Comme nos vergers et potagers, la mer est nourricière pour celui qui sait y reconnaître ses fruits. Mais comment imaginer que certains de ses habitants comme le lièvre de mer, aussi localement nommé pisse-vinaigre, a permis des avancées scientifiques considérables pour comprendre les mécanismes de la mémoire chez l’homme ? De même, la mer représentera t’elle un jardin médicinal pour les générations future ?
Au terme de cette promenade et des ces questionnements, nous aurons peut-être l’envie, accompagné de nos enfants ou petits-enfants, d’aller regarder à marée basse ce qui se passe dans une flaque d’eau ou sous une pierre. (P.Cormier).


La répartition des espèces:
Quel que soit l'endroit de la côte où l'on se trouve on verra toujours les mêmes espèces animales, mais aussi végétales au  même étage de l'estran et ce malgré des conditions de vie (variations de température, d'ensoleillement, de salinité et d'oxygène), beaucoup plus dures que sur terre.

Similtudes entre le "jardin de mer" et le "jardin de terre" : Quelques exemples:
L'anémone de mer et les méduses qui comme les roses ont des tentacules couvertes d'épines qui leur permet de s'accrocher à la peau humaine, (celles de la méduse étant venimeuses), le dahlia de la mer, l'asperge, le tamaris qui tirent leur nom de leur ressemblance avec les végétaux "terrestres", les "mousses" qui sont en réalité des végétaux ou des animaux.
Mais aussi le lièvre de mer ou aplysie, (dont on peut trouver facilement des oeufs en tortillons) facilement reconnaissable à sa couleur et au liquide violacé qu'il émet lorsqu'on le touche, d'où le nom de "pisse-vinaigre". Cet animal a servi de modèle à E.Kandel, chercheur américain dans ses travaux sur les mécanismes de la mémoire.
L'ascidie qui est un proche parent de l'homme ( étant également un témoin de la bonne qualité de l'eau) et dont nous avons pu constater sur une vidéo la similitude entre les deux embryons.

La mer nourricière : Quelques exemples
Le bigorneau : Diversité de zonation et de nutrition. C'est un gastéropose (estomac dans le pied) doté d'une langue rapeuse (radula) comparable à une râpe.
La coquille St Jacques : (seule habilitée au nom de "pecten maximus", sensible au stress (communiqué par les congénères) qui s'échappent lors de l'apparition d'une étoile de mer. Les gènes de l'oeil de la coquille St Jacques sont très proches de ceux de l'oeil humain.
La patelle (Bernique) à consommer avec une algue poivrée. Revient toujours à son emplacement d'origine sur le rocher.
Les anatifes (pouce-pied) (produit de luxe en espagne: une centaine d'euros le Kilo) poussent dans les endroits où la mer est très agitée (Belle-Île). La légende veut que ce crustacé tire son nom de l'oie"bernache" (noms indentiques en anglais) qui serait née des pouce-pieds pris pour des oeufs. On les trouve aussi sur les objets flottants. La silhouette pouvant prêter à confusion...
Le chondus crispus , carragheen (localement "bouchounou ou pioca) dont on tire un produit, les carraghénanes autrefois très utilisé en agro alimentaire comme gélifiant, il porte le N° E407. Il a tendance à être remplacé par des algues
Les biotechnoligies bleues (Tirées de la mer).
On retrouve aujourd'hui de nombreuses applications dans les domaines de l'alimentation, l'énergie, la santé, l'environnement, la diversité biologique. ressource d'une très grande richesse, mais en danger.

   
                             Les acidies                                 
   
                    Chondus Crispus                                                   Pouce-pied


Zone de vie des espèces

Anémones

Dahlia de mer

Asperge
Tamaris


Oie et pouce-pied