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Claude Monet, les couleurs de la lumière
Sonia De Puineuf, professeur de l'histoire de l'art.
Pour voir le tableau en grand, cliquez sur l'image.

Claude Monet (1840-1928)

Claude Monet est né à Paris, mais son enfance et sa jeunesse se passent en Normandie. Il y rencontre Eugène Boudin, puis le peintre  hollandais Jongkind. Leur influence sur son art sera déterminante.
En 1862 il monte à Paris, se lie d’amitié avec Bazille, Renoir, Sisley.
A cette époque l’Académie des Beaux-Arts exerçait une autorité absolue. Seule la peinture d’inspiration classique trouvait grâce à ses yeux. Les jeunes peintres voient leurs tableaux refusés au Salon annuel.
En 1863 se crée le salon des refusés.
Le terme « impressionnisme » vient  d'un article du critique d'art Louis Leroy, paru dans le journal le Charivari, et intitulé : « L'exposition des impressionnistes » (1875). Il ironise sur un tableau de Claude Monet, intitulé « Impression, soleil levant » : « Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans… »
Le tableau (peint en 1873) est une huile sur toile. Paysage anonyme, ambiance brumeuse au petit matin. C’est le port du Havre mais ce pourrait être tout autre port. Il est noyé dans un camaïeu de gris, on distingue quelques silhouettes, rien de très clair. Le public de l’époque y voit plutôt une ébauche : choquant pour l’Académie. La luminosité est particulière : passage de la nuit au jour.
Ce sera la caractéristique des impressionnistes : saisir un instant fugitif, une sensation produite.
Sur le modèle de l’école de Barbizon ils peignent en plein air.

 Tableaux antérieurs à 1873 :

Le pavé de Chailly (1865). Un lieu dans la forêt de Fontainebleau. Le chemin en diagonale donne une impression de profondeur. La lumière vient doucement du fond. Le peintre représente ce qu’il voit : éléments détaillés au premier plan, puis de plus en plus flous. (Différence avec les primitifs flamands, qui détaillent avec minutie jusqu’à l’arrière-plan).
Le paysage est vide. La seule trace de présence  humaine est le chemin .

La grenouillère (1869). Etablissement de bains. La « virgule impressionniste » fait son apparition : chaque tache de couleur est une touche du pinceau sur la toile. La couleur devient plus éclatante même si le noir est toujours présent. Dans le rideau vert du fond le feuillage n’est pas détaillé. On peut remarquer la disparition progressive de la ligne : observer le canot du milieu : le contour est imprécis, se décale en donnant l’impression d’un mouvement.

La pie (1869). Importance des saisons dans la peinture de Monet : les paysages sont vus sous des lumières différentes. La pie, toute petite, est la seule tache noire dans un paysage qui révèle un travail sur le blanc. La profondeur vient des ombres, et de la taille décroissante des arbres, à droite.
Le tableau n’est porteur d’aucun message : seulement l’impression de calme.

Femmes au jardin (1866-67). Tableau en grand format. Selon les règles de l’Académie ce format était réservé aux scènes historiques ou mythologiques. Ici encore Monet  brave l’opinion établie.
Il peint encore le visage humain. Ces personnages anonymes de femmes contemporaines sont le prétexte pour traiter ombres et lumière, et satisfaire le goût de Monet pour le décoratif (dessin des robes).

La plage à Trouville (1870). La mer, sujet principal, est au fond. La femme de Monet, Camille, occupe la partie gauche du tableau : portrait sans pose. Le contour des formes continue de disparaître. Touches du pinceau très apparentes. Pour l’anecdote : on distingue les petits grains de sable que le vent a collés sur la toile. Signe que Monet a vraiment peint sur place, à la différence des peintres académiques, qui dessinaient des croquis, puis reconstituaient ensuite le tableau comme un puzzle à l’atelier.

 Après 1873 :

Un coin d’appartement (1875).
 Monet peint son fils Jean dans un coin d’appartement. Caractéristiques de l’impressionnisme, les touches colorées qui font vibrer le tableau. La symétrie, inhabituelle chez Monet, coexiste avec une impression d’instabilité créée par la pente du plancher.

Jeune fille à l’ombrelle japonaise (1886). Vie et mouvement. Importance du ciel dans le tableau.
Le souffle du vent est rendu sensible par l’écharpe, la robe, les touches fragmentées de couleurs dans l’herbe. Le visage est flou : on ne s’attarde pas sur les sentiments, c’est juste la saisie d’un instant fugace.

Monet et la modernité urbaine :

La rue Saint-Denis, fête du 30juin 1878 (1878).
A cette époque la ville de Paris se modernise, mais la peinture de Monet ne s’intéresse pas à l’architecture parisienne.  Monet  peint les drapeaux en mouvement, la foule anonyme, par petites taches. Il traduit la frénésie urbaine, le mouvement de la foule, sans faire d’étude psychologique.

Gare Saint Lazare (1877).
Pour peindre devant le motif, Monet obtient l’autorisation de poser son chevalet à l’intérieur de la gare. Au fond, les quartiers haussmaniens sont seulement suggérés. On voit quelques lignes en bas, en haut, à droite, la tache de la locomotive, mais surtout la vapeur sur laquelle se reflète la lumière.
On est au début des peintures en série.

Gare Saint-Lazare, pont de l’Europe (1877). De nouveau, importance de la vapeur, et disparition des détails de l’architecture des immeubles. Le déplacement comme symbole de la modernité.

La côte sauvage,(1886).
Côte de Belle-île-en- mer. Expérience nouvelle :  les mouvements de la marée, les changements dus à l’heure et à la météo, amènent le peintre à  travailler en même temps  plusieurs tableaux : le même sujet dans plusieurs ambiances différentes.
Il peindra ainsi plusieurs séries.

Les séries

Antibes, effets d’après-midi (1888)
Prédominance d’un bleu assez dur, que font miroiter les touches vertes de la mer. La citadelle dorée réchauffe l’atmosphère. Peinture plus diluée pour le ciel, au-dessus du blanc bleuté des montagnes.

Antibes vue de la Salis.
Palette très colorée. Comme souvent chez Monet le sujet principal est au fond. L’influence de l’estampe japonaise apparaît dans la composition en plusieurs plans, la présence de l’arbre au premier plan à droite

Voir la Reconstitution du pont de Sano, estampe japonaise . Image totalement différente de l’art occidental : ligne omniprésente, composition par plans, élégance des formes. Monet subit l’influence de cet art qu’il admire.
Exemple, la peinture de sa femme en Japonaise (1875).

Les peupliers, trois arbres roses (1891) – Peupliers au bord de l’Epte, effets du soir (1891)
Instants éphémères, effets particuliers  de la lumière

Meules, fin de l’été, effets du matin (1891) – Meules
L’important n’est pas le motif : Monet coupe même le sommet d’une meule.  A partir d’un sujet quelconque, il se concentre sur la  multitude des couleurs qui matérialisent la lumière.

Cathédrale de Rouen, harmonie bleu et or, plein soleil (1894)
Monet ne retient aucunement la destination didactique de la façade : sculptures destinées à l’instruction des fidèles. Les détails sont gommés. Ce qui l’intéresse, c’est la lumière, la couleur.

Cathédrale de Rouen (1894)
Les formes sculptées permettent de jouer sur l’ombre et la lumière.

La Tamise et le Parlement (1871)
Tableau datant de la jeunesse de Monet, avant l’impressionnisme. Netteté du trait, formes reconnaissables, à comparer avec les trois suivants :

Le Parlement soleil couchant (1871), Le Parlement, effet de brouillard (1904), Le Parlement, les mouettes  (1904) : la touche est complètement libérée. Dissolution complète du motif. Séparée du contexte, l’eau de la Tamise pourrait être confondue avec le sol des Meules.

Giverny
En 1883, Monet loue une maison à Giverny] près de Vernon (Eure) et s'y installe. Il aménage la grande maison et un vaste jardin floral qu'il achètera en 1890. En 1893, il crée le jardin d'eau avec son étang aux nymphéas. Il lui inspirera 200 toiles.
Le plan du jardin a été conçu par Monet lui-même : une première partie très structurée, et au-delà du chemin de fer le jardin d’eau , et sa grande variété de couleurs et de formes.

Quelques tableaux :

 Chrysanthèmes (1881),

Nymphéas (1908) : fleurs et reflets d’arbres.

Le pont japonais (1919-24).

La maison vue du jardin aux roses (1919-1924) : L’impression est celle d’un tableau abstrait. Monet  a subi une opération aux yeux,  et peint ce qu’il voit désormais, comme il l’a toujours fait.


l'atelier de C.Monet

soleil levant

Le pavé de Chailly

La grenouillère

La pie

La plage de Trouville

Femmes au jardin

Un coin d'appartement

Jeune fille à l'ombrelle

La rue St Denis
Fête du 30 Juin 1878

Gare St Lazare

Gare St Lazare,
Pont de l'Europe

La côte sauvage

Antibes,
effets d'après midi

Antibes, vue de la Salis

Reconstitution
du pont de Sano

La japonaise

Les peupliers,
 trois arbres roses

Peupliers
au bord de l'Epte

Meules, fin de l'été

Meules


Cathédrale de Rouen,
harmonie bleu et or


Cathédrale de Rouen,
harmonie bleu et or

La Tamise et le parlement

Le Parlement soleil couchant

Le Parlement,
effet de brouillard

Le Parlement,
les mouettes

Le palais ducal
vu de St Georges

Plan du jardin de Giverny

Chrysanthèmes

Nymphéas

Le pont japonais

La maion
vue du jardin aux roses

L'Orangerie
avec les nymphéas