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La musique romantique au 19 ème siècle : Schubert, Chopin, Schumann, Listz, Berlioz
Guillaume Kosmicki, professeur et musicologue

Ces compositeurs constituent la « génération 1810 », appelée ainsi car nés autour de 1810, ils avaient 20 ans au moment de l'apogée du romantisme (1830 – 1848). Ils ont de plus pratiquement tous fréquenté l'endroit « incontournable » de l'Europe où tout se fait, Paris, qui devient ainsi la capitale du romantisme, tant pour les compositeurs, que les écrivains et les poètes.

Sur le tableau de Danhauser, (1840) on peut ainsi voir G Sand, A Dumas, A Musset, Paganini, V.Hugo, Rossini, Marie d'Agout et Liszt au piano. Avant cette époque, les compositeurs étaient « sponsorisés » par des mécènes qui leur offraient le gîte et le couvert en échange de distractions, les romantiques eux, vont animer les salons de la bourgeoisie qui vont devenir les nouveaux lieux de la musique, le piano devenant par excellence l'instrument de la musique romantique.

Cette musique narrative et poétique sa caractérise par des grands thèmes :

Le moi, mise en évidence des sentiments personnels.

L'amour malheureux.

La nature troublée, agitée comme l'artiste.

L'exotisme, l'envie d'ailleurs.

La rêverie, le mystère , le fantastique, l'irrationnel.

Un intérêt constant pour les racines, le folklore.

Le tableau de Caspar David Friedrich nous montre un voyageur « un romantique » contemplant une mer de nuages. L'artiste est seul au-dessus des hommes, lui seul peut capter des choses que l'homme ordinaire ne voit pas.

Schubert (1797 – 1828)

Il va acquérir ses bases musicales à Vienne puis les développer avec une touche personnelle s'affranchissant de beaucoup de règles dans la composition musicale. Grand adorateur de Beethoven, mais issus de milieux différents, ils ne se rencontreront jamais. Il va vivre chichement en vendant ses partitions et en donnant des leçons, des concerts dans des cercles d'amis.

« C'est un temps où nous étions ensemble dans l'intimité, où chacun découvrait aux autres les rejetons de son art, avec une crainte maternelle, attendant non sans quelque appréhension le jugement que porterait leur amour et leur sincérité. Ces temps où, nous encourageant les uns les autres, un effort unique vers le beau nous animait tous. » Schubert

(Tableau de : Moritz von Schwind, soirée chez Joseph von Spaun)

Il joue un « lied », (piano + chant), genre qui va exploser à cette époque. Il en écrira plus de 100, dont « Le roi des aulnes » sur un texte de Goethe. Le chanteur interprète les quatre voix, le récitant, le père, l'enfant et le roi des aulnes personnages auxquels s'ajoute le piano illustrant, le vent, la forêt, la chevauchée par un trémolo qui monte dans les aigus vers la mort. C'est le schéma de la musique narrative.

« La musique est le plus romantique de tous les arts, et même, serions-nous tenté de dire, elle seule est authentiquement romantique, car son sujet est l'infini. La lyre d'Orphée ouvrit les portes des Enfers, la musique dévoile à l'homme des régions inconnues, un monde qui n'a rien en commun avec le monde extérieur des sens qui l'entoure, un monde dans lequel il laisse derrière lui tout sentiment précis pour s'abandonner à une indicible nostalgie. » E.T.A Hoffmann (1808)

La musique romantique est un désordre permanent par opposition à la musique classique qui se définit par une construction plus rigoureuse.

Ex : « La symphonie N°8 en si mineur ou l'inachevée » utilise la figure du destin de Beethoven en y ajoutant beaucoup de mouvements, de variations, de rythmes, de cassures.

Chopin (1810 – 1849), symbole du romantisme, de l'intime.

N'a écrit pratiquement que pour le piano, c'est un compositeur de salon. Il quitte sa Pologne natale pour n'y jamais revenir en raison de la révolution et s'installe à Paris. Pour exprimer la tristesse on peut comme Chopin, se mettre dans un coin, la tête entre les mains et pleurer ou monter en haut d'un clocher et hurler sa douleur comme Berlioz.

Ses concertos écrits en Pologne sont adpatés en France pour se faire connaître en étant exécutés avec un orchestre plus étoffé, mais le piano reste toujours central. A écrit beaucoup de pièces courtes, des préludes (qui en réalité ne mènent à rien...).

« Ce sont des esquisses, des commencements, des études, ou, si l'on veut, des ruines, des ailes d'aigle détachées, tout pêle-mêle dans sa bigarrerie et sa sauvagerie. Mais c'est une délicate broderie de perle qui a écrit chaque morceau. » Robert Schumann (1837)

Ex : Préludes Opus 28 N°2 et opus 28 N°4

Schuman (1810 – 1856)

Schizophrène, il est mort interné. A eu une vie très ordonnée, sorte de réaction à sa maladie. Il structure ses œuvres à la manière d'un kaléidoscope. Il épouse Clara Schuman, (avec laquelle il aura 8 enfants) pianiste virtuose et vit alors une période très agitée, allant même jusqu'à abandonner le romantisme.

Ex : Le Carnaval Opus 9 qui comporte vingt morceaux, dont Eusébius, dépeignant le côté calme, tendre du compositeur, Florestan, son côté impétueux, sauvage, Coquette, la domestique aguichante, Chiarina, Chopin, "les Davidsbündler" - les compagnons de David - qui se réunissaient au Kaffeebaum de Leipzig formé de personnages réels et imaginaires, lui-même sous plusieurs formes (Eusebius le gentil poète, Florestan le véhément) avec des membres d'honneur comme Chopin et Paganini. Le but du club était de lutter contre les Philistins qui, dans la littérature allemande du XIX siècle en particulier, désignaient les personnes étrangères aux universités, les bourgeois.

Berlioz: (1803- 1869)

Il est celui qui hurle sa douleur sur les toits. Compose une « symphonie à programme » pour une actrice étrangère qui malheureusement sera absente lors de la première représentation. La symphonie fantastique, oeuvre en cinq parties – Rêveries, passions – Un bal - Scène aux champs – marche au supplice – Songe d'une nuit de sabbat, reprend les épisodes de la vie de cette actrice, (œuvre interprétée par un orchestre). Le dernière partie mélange le glas funèbre, une parodie du Dies Irae dans une ronde de sabbat.

Liszt (1811 – 1886)

C'est un pur romantique, pianiste de salle de concert par opposition à Chopin, pianiste de salon. Doté de mains immenses, il fut un pianiste diabolique.

Ex Rhapsodie hongroise N°2. Dans cette œuvre, il évoque son pays d'origine avec en particulier l'imitation du « cymbalum » instrument à percussion typique de la Hongrie.

             

                    Liszt                                                                             Un cymbalum


Tableau de Danhauser

Caspar David Friedrich

Schubert

Schubert rencontre Beethoven

Moritz von Schwind,
soirée chez Joseph von Spaun


Chopin

Schuman

Berlioz