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La maladie d'Alzheimer
Conférence du Docteur Paul Touchard, gériâtre

Selon la définition de l’OMS la maladie d’Alzheimer est  une maladie cérébrale dégénérative primaire dont la cause est inconnue. Elle présente des altérations neuro-pathologiques et neurochimiques caractéristiques, commence en général de façon insidieuse et lente, et évolue pendant plusieurs années.

Historique : Au début du XXème siècle AloÏS Alzheimer,  neuropsychiatre allemand, ayant constaté chez une patiente de 51 ans troubles de mémoire, manque du mot, délire de jalousie, pratique une autopsie du cerveau et constate deux  marqueurs caractéristiques de la maladie, responsables l’un et l’autre du dysfonctionnement des neurones : dégénérescence neurofibrillaire et plaques amyloïdes (d 8).

La maladie d’Alzheimer représente 60 à 70% des syndromes démentiels.

Définition d’un syndrome démentiel selon l’OMS :

          Altération progressive de la mémoire

          et trouble d’au moins une autre fonction cognitive : langage, calcul, jugement, pensée abstraite, gnosie (reconnaissance des gens et des choses) ou modification de la personnalité

          Suffisamment marqués pour handicaper les activités de la vie quotidienne

          Apparus depuis au moins 6 mois.

 En France sur 4 500 000 personnes de 75 ans et plus on compte environ  860 000 malades, dont la moitié sont diagnostiqués, le tiers sont traités. La Bretagne compte parmi les zones les plus touchées, et parmi les départements bretons le Finistère vient en tête.

On distingue des formes héréditaires de la maladie, dues à des mutations chromosomiques, et des formes dites « sporadiques » pour lesquelles les facteurs de risques sont l’âge, le sexe, un faible niveau d’éducation, et  de manière très forte les facteurs de risque cardio-vasculaires.

Les 2/3 des malades sont âgés de plus de 80 ans, les femmes étant plus nombreuses quel que soit l’âge considéré.

Facteurs de protection démontrés : prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaires, exercice physique , nutrition (régime méditerranéen), maintien d’activités cognitives stimulantes, maintien d’un environnement affectif et social favorable. Plus le cerveau développe des mécanismes de compensation et la plasticité neuronale, plus il se protège.

La maladie se développe en trois phases :

- Phase silencieuse «préclinique» (10-20 ans)                  

- Phase prédémentielle               (3 – 4 ans) : troubles de mémoire, modifications de comportement

- Phase démentielle (3 – 10 ans), laquelle se décompose en stade léger, stade modéré, stade sévère.

Phase prédémentielle

Troubles de mémoire : des trois fonctions de la mémoire,  encodage, stockage, récupération, c’est le stockage qui est atteint par la maladie d’Alzheimer. Les troubles d’encodage et de récupération peuvent avoir d’autres causes. Parmi les accidents de mémoire dont on se plaint, certains sont banals, d’autres plus suspects :

Plaintes mnésiques banales

  • j’ai du mal à me souvenir des numéros de téléphone
  • je pose mes lunettes, mes clefs, mon portefeuille, des papiers et j’oublie où ils sont
  • j’ai besoin d’une liste écrite pour faire mes courses
  • j’oublie en cours de route des courses que j’avais prévu de faire
  • j’oublie aussitôt le nom des gens que l’on me présente

Plaintes mnésiques suspectes

    •    j’ai du mal à fixer mon attention sur ce que je lis
    •    j’ai besoin de me faire répéter plusieurs fois des consignes
    •    j’oublie aussitôt ce que les gens me disent
    •    je perds le fil de mes idées quand je parle avec quelqu’un
    •    j’ai du mal à raconter une émission que je viens de voir à la télévision
    •    j’ai l’impression d ’avoir la tête vide

Troubles du comportement :

Diminution d’intérêt, perte d’initiative, repli, indifférence, apathie, irritabilité, dépression.

Evolution vers la phase démentielle :

Aux troubles de mémoire s’ajoute l’altération d’une autre fonction intellectuelle (langage, exécution des gestes, reconnaissance des objets ou des personnes, fonctions exécutives et jugement), avec un retentissement sur la vie quotidienne (téléphone, médicaments, budget, transports).

L’évolution est variable d’un individu à l’autre. Elle passe par les troubles du comportement (agitation, agressivité, déambulation, cris et fugues qui manifestent l’anxiété, délires, hallucinations, troubles du sommeil et de l’alimentation), par la perte d’autonomie et jusqu’à la dépendance totale (confinement au lit).

Une fois le diagnostic établi, il est important d’en parler au malade lui-même. Il en a légalement le droit, et doit rester acteur de sa vie. Dire la vérité diminue l’angoisse, permet de comprendre et de consentir aux soins. Importance aussi de la personne de confiance, souhaitée par 98% des patients.

Les traitements

Les traitements médicamenteux peuvent retarder la mise en institution.

Les traitements non médicamenteux :

- Valoriser les capacités restantes (stimulation cognitive, réadaptation cognitive)

- Favoriser la communication  (orthophonie)

-  Renarcissiser le malade (confiance – plaisir – place au sein de la famille - activités motrices – stimulations sensorielles)

- Ne pas mettre en échec

- Préserver l’autonomie

Le plan Alzheimer 2008-2012, reconduit en 2013 a été mis en place par le gouvernement pour la prise en charge des malades et des aidants.

Voir www.plan-alzheimer.gouv.fr/