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Miro, le peintre aux yeux clos
Sonia de Puineuf, , Docteur en histoire de l'art
Pour voir le tableau en grand, cliquez sur le tableau miniature

Né le 20 avril 1893 à Barcelone Joan Miro commence à dessiner dès huit ans. Pour plaire à son père il s’engage dans des études de commerce mais les abandonne assez vite et s’inscrit à l’Ecole des Beaux-arts où il suit les cours du soir. En 1911 il contracte le typhus et doit se retirer dans une ferme de famille à Mont-roig del Camp près de Tarragone. Il y prend conscience de son attachement à la terre catalane. Rentré à Barcelone il fonde avec des amis le groupe Courbet qui se fait connaître par le journal Publicitat.



1916-1918

Tableaux : La publicitat et le vase de fleurs ; Nord-Sud (1916-1917). Miro est sensible à l’univers coloré du fauvisme. Au cubisme il emprunte la géométrisation de la forme et la fragmentation.

Il s’inscrit ainsi d’emblée dans la peinture moderne.

Portrait de E.C. Ricard (1916-1917) : A gauche palette simplifiée, marque du personnage : artiste, graveur et peintre, membre du groups Courbet. En arrière-plan, thème du japonisme pour lequel le XIXème siècle a un goût prononcé. Le costume du personnage en devient aussi exotique, et la signature est inscrite à la mode japonaise.

Le potager à l’âne (1918) : Les formes géométriques à terre et dans les nuages paraissent d’inspiration cubiste, mais sont contredites par les arbres en arabesques légères où Miro se laisse aller à sa touche personnelle. Des cubistes il a dit : « je briserai leurs guitares ».



1921 Miro se rend à Paris dont il tombe amoureux. Il se lie d’amitié avec des peintres comme Dubuffet, André Masson, Yves Tanguy, des écrivains comme Max Jacob, Antonin Artaud, Jacques Prévert dont la plupart rejoindront le surréalisme. Il rencontre aussi Tristan Tzara, fondateur du dadaïsme.

La ferme (1921-1922) : Jalon important dans l’œuvre de Miro : On y retrouve les éléments géométriques et l’aplatissement de l’espace empruntés au cubisme. Mais aussi beaucoup d’objets dans un joyeux désordre, et le tout dominé par l’arbre dont le graphisme des feuilles annonce la « calligraphie mironienne ».

1924 Miro est parmi les signataires du Manifeste du surréalisme. Le fondateur de ce mouvement André Breton dira de lui : « C’est le plus surréaliste d’entre nous ». Le mot surréalisme est une invention d’Apollinaire, en sous-titre des Mamelles de Tirésias. Le surréalisme se caractérise par une expression artistique échappant à la logique, automatisme psychique pur fondé sur l’inconscient et le rêve.

Terre labourée (1923-24) : Miro s’oriente vers des formes de plus en plus étranges et fantastiques (arbre avec œil et oreille, drôles de personnages et d’animaux…). Le tableau est désormais complètement à plat.

Paysage catalan (1923-1924) : Tableau plus aéré, avec moins de couleurs. Les formes compactes se combinent avec des lignes. Un début de mot écrit à la main (importance de l’écriture dans le surréalisme).

Carnaval d’Arlequin (1924-1925) : Le tableau connut un grand succès à Paris. Beaucoup de bleu sur fond ocre, les deux couleurs chères à Miro. Ambiance joyeuse. Arlequin au double visage, multicolore et souple, bon symbole de l’école de Paris dans qui dans les années 20-30 réunissait des artistes divers et venant de partout.

« Maternité (1924) » : dessin très simplifié, personnages composés avec des formes qui se contentent de suggérer. Référence à l’orient, aux civilisations archaïques et même à l’art préhistorique. "L'art  est en décadence depuis l’âge des cavernes » (Miro).

Main attrapant un oiseau ( 1926): forme de main simplifiée, simplement suggérée. Un doigt se confond avec l’oiseau : c’est le poète qui crée l’oiseau et lui donne vie.

Il était une petite pie (1927) : Huit tableaux pour illustrer un album enfantin : Il était une petite pie, sept chansons et dix chansons pour Hyacinthe, de Maryse Hirtz. Intérêt de Miro pour la calligraphie et pour le monde enfantin.

Danseuse espagnole (1928) : A partir d’un objet rencontré par hasard, Miro crée l’image et donne le point de départ d’un poème. Le hasard est un moteur important de l’art surréaliste.

Trois personnages sur fond noir (1934) : Ce tableau fait partie d’une série où le noir apparaît d’une manière très importante. Pessimisme en lien avec l’époque.

Six patiences pour Joan Miro de René Char, manuscrit orné (vers 1948) : Illustration par Miro de 6 poèmes de René Char. Témoignage du lien très fort de la poésie et de la peinture.

En 1947 Miro a rencontré à New-York les peintres expressionnistes abstraits qui ont admiré son œuvre. Désormais il a rompu avec le surréalisme et est avant tout lui-même.

Femme, lune, étoile (1949) : Sorte de labyrinthe visuel rappelant les constellations.

Le mur de la lune à l’UNESCO  (1958) : céramique, résume tout l’univers de Miro : préférence pour l’ocre et le bleu, rapport du ciel et de la terre, oiseau, formes simplifiées…

La série des Bleus : Bleu II, 1961 : en voyant ce grand format on expérimente le caractère enveloppant de la peinture : on est enveloppé de rêve et l’imagination peut se « lâcher ».

Le sourire aux ailes flamboyantes (1953) fait reparaître le thème d’Arlequin.

Dès le début des années 60 Miro peint et sculpte pour la fondation Maeght, née de l'amitié d’Aimé Maeght, marchand d’art de la place de Paris avec les grands noms de l'art moderne. Trois œuvres parmi les nombreuses sculptures appartenant à cette fondation :

Femme à la chevelure défaite (1968), Oiseau lunaire (1968), La fourche ou Paysan catalan (1963).

Dessin poème (1976) :lien étroit établi par Miro entre écriture, peinture et poésie.

Pour déchiffrer Miro, oublier le discours froid et raisonnable, laisser libre cours au rêve et à l’imagination.




Autoportrait

Publicitat

Nord-Sud

Cristofol Ricart

Potager à l'âne

La ferme

Terre labourée

Paysage catalan

Paysan catalan

Carnaval d'Arlequin

Maternité

Peinture

Peinture

Peinture poème

Il était une petite pie

Il était une petite pie

Main attrapant l'oiseau

Trois personnages Fratellini

Danseuse espagnole

Homme et femme

Trois personnages sir fond noir

Femme, lune, étoile

six patiences

Le bel oiseau déchiffrant l'inconnu

Femme enerclée d'oiseaux

Mur de la lune

Bleu II

Sourire aux ailes flamboyantes

Femme à la chevelure défaite


Oiseau lunaire

La fourche

Dessin poème