Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Nourrir 9 milliards d'hommes en 2050
Gérard Maillet
– Cadre de l’agriculture ER

La population de la planète ne cesse de croître (tableau1    tableau2) :

Elle est passée de 2,52 milliards en 1950 à 7,2 milliards en 2012. On estime à 9,6 milliards en 2050. En régression en Europe, surtout en Allemagne, le nombre d’habitants connaîtra une forte hausse surtout en Asie et en Afrique, dans les zones les plus défavorisées par le climat, l’absence de savoir-faire et le manque d’infrastructures routières ou de stockage.

Problèmes à prévoir :

- l’urbanisation : l’afflux vers les villes modifie les habitudes alimentaires, et donc la demande.
- la diminution des surfaces des terres cultivées oblige à augmenter les rendements.
- le fait que beaucoup de grandes villes se situent au niveau de la mer. Leur population est appelée à migrer si le niveau des océans augmente suite au réchauffement climatique .

La faim dans le monde

On est atteint de sous-nutrition quand on dispose de moins de 2100 Kcalories par jour. La moyenne des pays pauvres se trouve juste à ce niveau, donc un grand nombre de personnes sont au-dessous de cette moyenne.
-En 2012 on comptait 868 millions de personnes sous alimentées (925 millions en 2010) : 852 millions dans les pays en voie de développement, 16 millions dans les pays développés.
Il y a des progrès mais ils sont d’une grande fragilité
Le cas de l’Afrique : des pays disposent de terres riches et d’eau. Mais il manque le savoir-faire et les infrastructures, et le règne de la corruption empêche le développement.

La disponibilité des terres arables:

En diminution partout d’ici à 2050, sauf en Europe.
Achat de terres par certains pays : les acheteurs sont
- des multinationales et des fonds spéculatifs, pour développer des cultures de vente, prônées un certain temps par le FMI (palmiers à huile, canne à sucre pour les agro-carburants).
- des pays comme l’Arabie Saoudite, qui disposent de fonds et cultivent pour exporter dans leur pays.
- des pays comme la Chine compensent les terres qu’ils n’ont pas.
En France on perd en terres arables l’équivalent d’un département tous les dix ans. D’où la nécessité de maintenir les terres agricoles restantes en bon état de productivité.

Les ressources en eau (carte)

Un déficit en eau est source de malnutrition. Noter aussi l’importance de la répartition de l’eau dans l’année. L’irrigation est pratiquée abondamment en Afrique et en Asie, moins en Europe,
Relativement peu en France.
Le besoin en eau est particulièrement fort pour produire de la viande, il est donc destiné à augmenter pour répondre à la demande.
13% de la population mondiale n’a pas accès à l’eau potable. Exemple du Burkina-Faso, où l’absence de margelles rend l’eau des puits imbuvable, à cause des déchets de toute sorte qui y tombent.

Raisons des tensions sur les matières premières alimentaires :

la pénurie peut venir
- de causes climatiques (inondations, sécheresse, gel…)
- de la forte augmentation des populations dans certains pays
- de la spéculation sur ces matières premières (marchés à terme)
- de la concurrence des agro-carburants obtenus à partir de biomasse végétale.
- des pertes de surfaces agricoles (urbanisation, développement des zones à vocation industrielle ou commerciale …)
- de la dégradation des sols (terres en pente, désertification, salinisation, épuisement des éléments nutritifs).
- certains pays abandonnent les cultures vivrières pour des cultures de « vente ».
- en période de pénurie certains pays arrêtent les exportations pour satisfaire les besoins de leur population (L’Ukraine en 2010).

Que faire ?

Les changements de régime alimentaire (viande, lait, produits laitiers, sucre, huile) vont entraîner une augmentation forte de la demande (diapo 71). Quelles solutions ?
- Contrôle drastique des naissances ? Refuser le malthusianisme, qui s’accompagne d’un refus du progrès et du développement.
- Augmenter les surfaces cultivables ? C’est théoriquement possible, mais très difficile à mettre en œuvre : accès à la ressource en eau difficile, absence d’infrastructures d’accès, de stockage, de logistique.
- S’efforcer plutôt d’éviter le gaspillage. Le volume perdu ou gaspillé est égal à plus de la moitié de la production céréalière mondiale (1,3 milliard de tonnes). Les pays en développement et les pays industriels gaspillent les mêmes volumes :
-pays en développement : production, récolte, transport, stockage
-pays dits »développés »: consommation, produits finis
- Lutter contre la suralimentation, le surpoids, l’obésité, maux devenus envahissants dans certains pays.
- Poursuivre la recherche sur les biocarburants de 2ème et 3ème générations pour éviter la pression sur les produits alimentaires.
- Arrêter la spéculation sur les produits alimentaires. Ce qui suppose une volonté politique.
-Continuer à produire

Selon la FAO la production agricole devra croître de 60% d’ici 2050 pour répondre aux besoins d’une population de plus en plus riche et de plus en plus urbaine. Mais il est indispensable que cela se fasse de manière « durable ». Il faut optimiser les apports, agir sur tous les points pour rendre la fertilisation plus précise et plus respectueuse de l’environnement (diapo 93).

- poursuivre les efforts d’innovation, développer la sélection variétale des plantes, développer de nouvelles techniques de culture, des modes de production alternatifs (agriculture biologique, agriculture raisonnée, agriculture « écologiquement intensive »)
- privilégier la consommation humaine directe

  • Préférer les circuits courts de distribution

  • Développer davantage l’agriculture vivrière dans les pays en voie de développement

  • Consacrer la majorité des terres arables à la production de nourriture directe pour les êtres humains (céréales, fruits et légumes, légumineuses)

Cela n’est possible qu’en réduisant la consommation de viande dans les pays développés.
- Trouver d’autres formes de protéines (algues, aquaculture, insectes, vers…), mais ces produits rencontrent beaucoup de résistances culturelles.

Rôle de la France : très présente dans le commerce mondial des produits agroalimentaires mais doit augmenter sa productivité pour faire face à l’augmentation de la demande.

En conclusion, des voies d’amélioration sont possibles, mais il faut une volonté politique et une aide financière mondiale à l’agriculture.