Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Les combattants de 14 / 18
Daniel Cléac'h, Professeur d'histoire ER

La vie des combattants de 14/18 a pu être retracée grâce aux traces écrites qu'ils ont laissées, carnets, lettres, récits etc... C'est la première fois qu'il y a autant de gens à savoir écrire. On 1000 par combattant, le nombre de lettres échangées. Aujourd'hui, bon nombre de ces documents sont disponibles sur Internet.

Qui sont-ils ?

- Globalement ils sont jeunes (La loi des 3 ans va porter les effectifs de 800 000 à 4 000 000) ce qui va entraîner des dégats considérables sur la pyramide des âges en raison des 1 400 000 morts.

- Ce sont des fantassins, 70 % des mobilisés sont dans l'infanterie. Pourcentage qui va décroître vers la fin de la guerre au profit de l'artillerie.

- Ils sont essentiellement ruraux. En raison d'une part de l'importance de la population rurale (56%) et de la mobilisation des ouvriers citadins dans l'encadrement des usines. 40 % d'entre eux sont des paysans. Ceci va entraîner une inégalité devant "l'impôt du sang".

- Ce sont des soldats mal préparés à l'affrontement et à une guerre de 4 ans (pantalon rouge facilement repérable, casquette à la place de casque, armement vieillot,  etc...) d'où une mortalité effroyable au début de la guerre. Le 27 Août il y a 27 000 morts et fin 1915 on compte déjà 600 000 tués. De plus, les allemands sont plus nombreux, mieux armés (45 % des blessures sont dues à des tirs d'artillerie), mieux organisés, moins exaltés et avec un service de renseignements plus efficace. Contrairement à 39/45 ce sont les militaires qui vont subir les pertes les plus importantes. Les pertes bretonnes sont supérieures aux pertes nationales (130 à 150 000 morts - à opposer aux 240 000 estimés et non vérifiés-) La proportion de soldats bretons étant plus importante en raison des critères de mobilisation (classe d'âge, ruralité). Mais c'est aussi le moment où la France va se souder dans les tranchées à cause de la prise de conscience de la diversité des combattants (région d'origine, religion, mode de vie etc...)

Comment ont-ils tenu ?

- Par patriotisme (défense de la patrie attaquée) ou par pacifisme (espoir d'une paix victorieuse, d'une paix blanche - sans annexion - attente de "la quille" sans être blessé, ou pour certains une paix militante).

- La culture de guerre. On ne peut pas sortir indemne d'une telle épreuve, on s'habitue à la violence. Le soldat agit par contrainte, il n'a pas le choix, ni face à la hiérarchie ni face à la famille, à l'entourage. Il se doit d'être un modèle viril et non la honte familiale ou sociale en cas d'échec ou de manquement au devoir.

- Conviction qu'il en sortira un monde meilleur (je pars soldat de la république pour le désarmement général et pour la der des der - C.Péguy).

- Grâce à l'alternance de longues périodes d'inactivité entrecoupées de périodes de combats violents. An chemin des Dames, on a compté 1179 jours passifs (1 à 2 tirs par jour) - 214 jours actifs (90 morts par jour) et 40 jours offensifs (du 16 au 25 avril on a dénombre 30 000 morts).

- En raison de l'organisation du système tranchées. 1 semaine en première ligne suivie d'une semaine en 2 ou 3 ème ligne puis à l'arrière.

Mais grâce également aux permissions, à l'accoutumance au bruit et à l'odeur, à la transformation du "poilu" en soldat expérimenté, mieux armé dont le métier est la guerre, et aussi à la foruniture d'alccol.

Les réticences.

- Les mutineries, passage de l'ordre au désordre, individuel ou collectif (On estime environ à 40 ou 50 000 le nombre de mutineries). C'est le refus de faire la guerre ou de la façon de faire la guerre, allant du simple chahut, au tapage, au défilé, à la désobéissance, voire à l'atteinte physique.

- La fraternisation, manifestation d'humanité : vivre et laisser vivre.

- La désertion : pour raison personnelle familiale dans la majorité des cas (naissance, décès ...).

- L'abandon de poste face à l'ennemi, passible de la peine de mort.

- Blessure volontaire, cause principale des condamnations à mort, estimées à 7 000.