Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Médias : peut-on tout montrer,tout dire ?
Jean-Pierre Chapelle, Journaliste à Ouest-France, ER

Médias, Affaires et Justice.
Il peut y avoir collusion entre deux ou trois de ces termes.
Pourquoi la mayonnaise prend entre les trois ?
Pourquoi un fait divers dérape en affaire ?

Le journaliste est détenteur du droit d'information du citoyen. Il est le lien entre "l'affaire" et "le citoyen". Le journaliste a le droit à la liberté d'expression sous réserve du respect d'une déontologie et d'une éthique précisées dans une charte élaborée en 1918 par le Syndicat National des Journalistes pour contrôler les débordements de la presse pendant la guerre 14/18, charte complétée par la suite.
Quels sont les droits et les devoirs d'un journaliste ? Ils sont régis par trois documents:
Charte d’éthique professionnelle des journalistes (SNJ, 1918/38/2011)
Charte des devoirs professionnels des journalistes français (1918/1938)

Déclaration des devoirs et des droits des journalistes (Munich, 1971)
Il semble difficile à la lecture de ces documents d'être "vertueux"
Dans une enquête sur une "affaire" demandant si les évènements s'étaient passés comme on l'a rapporté, les personnes interrogées ont répondu oui à 50% et 50% seulement  pensaient  que les journalistes étaient indépendants des pouvoirs politiques et financiers.

A travers quelques exemples, Jean-Pierre Chapelle a essayé de montrer pourquoi le triangle vertueux qui devrait organiser les relations entre pouvoir, médias et justice, pouvait se mettre à tourner comme une toupie et déclancher une "affaire".

Souvent en raison de la personnalité idéale de l'assassin ou de l'accusé. (Il peut-être un notable, un SDF, un marginal, un politique, un personnage médiatique ...,)  de la personnalisation des journalistes, des juges  etc... auxquelles s'ajoute aujourd'hui le "brouhaha" du web avec ses informations non contrôlées mais pourtant largement divulguées.

Affaire de Bruay en  Artois, où la personnalité du juge qui aime séduire les médias et entre autres, la télévision, la personnalité de l'accusé, notaire d'une petite ville de province, va emballer les médias et faire que ce feuilleton va durer six ans, avec : un accusé écroué, un juge dessaisi, une affaire délocalisée, une plainte en diffamation de la part de l'accusé, un juge condamné, une violation du secret professionnel etc...et devenir une "affaire".

Affaire "Grégory" qui résulte d'une course poursuite à l'info entre Europe1 et RTL.On assiste à un dérapage dans l'horreur, une responsabilité des journalistes , une méconnaissance des lois de la justice, une absence de la présomption d'innocence, une absence de "point de vue contradictoire", un parachutage de journalistes parisiens avec leurs idées préconçues, une absence de moyens de la police scientifique ...

Affaire du cimétrière de Carpentras ou les 48 premières heures ont eu une importance cruciale et entraîné cette "affaire". Tout d'abord une erreur d'évaluation des faits: la profanation découverte le matin et estimée avoir été commise la nuit pécédente, ayant entraîné la mise en liberté des accusés qui avaient un alibi pour cette nuit là, alors qu'en réalité elle avait été commise la nuit précédente mais passée inaperçue. Il y a eu un emballement politico-médiatique avec déplacement du Ministre de l'Interieur et du 1er ministre en personne, une intervention télévisée du Président de la République, une manifestation à Paris, une émission de télévision qui fait état de messes noires organisées par des fils de notables etc...en ajoutant à tout ça, l'immédiateté de l'information via "Internet" qui fait que la justice ne peut pas suivre, bref, tous les ingrédients pour qu'une "affaire" démarre.

En conclusion,on peut dire, en se référant au "triangle vertueux", que si toutes les régles de fonctionnement  avaient été respectées, la plupart des affaires n'auraient pas vu le jour.