Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

Le Conseil
d'administration
Les activités Nos adhérents Les programmes Lettres aux adhérents
Comptes rendus
des conférences
Les partenariats Les actualités Adresses
et liens utiles
Accueil

Trajet d'un sandwich Jambon / Beurre / Salade
Docteur Yves Le Roy, Chirurgien en retraite

L'alimentation :

L'énergie étant la capacité d'un système à fournir un travail, pour fonctionner le corps humain a besoin de nutriments qui lui fourniront de l'énergie (ou calories), tout comme la locomotive a besoin de charbon pour produire de la vapeur nécessaire à son fonctionnement.

Ces nutriments proviennent des aliments que nous ingérons et c'est l'appareil digestif qui est le système qui permet de les digérer et de les transformer.

Ainsi dans notre sandwich jambon beurre salade, le pain nous fournira 275 cal, le jambon 109 cal, la salade 6,5 cal et le beurre 75 cal, soit au total 466 cal, (la quantité journalière pour un homme étant d'environ 2700 cal et pour une femme 2000 cal). Sachant que  l'apport énergie charbon est de 8000 cal pour 1kg, il fallait 4000 kg de charbon pour faire les 200 km entre Le Havre et Paris.

Ces calories proviennent des différents constituants de notre sandwich, chacun d'entre eux apportant des quantités différentes de lipides, protides et glucides nutriments qui fourniront l énergie... (Diapo 1).

Notre sandwich jambon, beurre, salade nous apporte également des vitamines qui sont des substances organiques dont notre corps a besoin pour croître et fonctionner. L'organisme ne peut pas en produire suffisamment pour assurer son bon fonctionnement, c'est pourquoi les apports alimentaires sont très importants. (diapo2)

Il y a deux sortes de vitamines, les vitamines hydrosolubles non stockables dans l'organisme, telles B3, B5, B6, B8, B9,B12, et la vitamine C et les vitamines liposolubles stockables dans les graisses telles la vitamine K, A, D, E, B1, B2.

Notre sandwich nous apporte aussi des sels minéraux, indispensables à l'organisme et à son fonctionnement métabolique. Ils participent, notamment, à l'équilibre hydrique, à l'élaboration des enzymes et des hormones, à la composition des os et des dents, à la transmission de l'influx nerveux et à la contraction des muscles. On distingue les macroéléments (calcium, magnésium, phosphore...) présents en grande quantité et les oligoéléments  (fer, cuivre ...) en quantité infinitésimale. L'organisme ne peut les fabriquer donc ils doivent être apportés par l'alimentation. Il nous apporte enfin de l'eau (besoins quotidiens :1600 ml pour une femme et 2000 ml pour un homme en plus de l'eau des aliments que nous consommons) et des fibres indispensables au mécanisme de la digestion.

L'appareil digestif désigne l'ensemble des organes dont la fonction est la transformation des aliments, leur assimilation et leur absorption dans l'organisme afin de fournir à l'organisme les nutriments nécessaires à son fonctionnement. Les aliments passent dans différents organes du tube digestif, la cavité buccale, l'œsophage, l'estomac et les intestins. Ils sont réduits à chaque étape en molécules de plus en plus petites, envoyées dans la circulation sanguine. Les déchets, sous forme de matières fécales, sont rejetés par l'anus.

Des aliments aux nutriments : Pour transformer les aliments en nutriments, il faut passer par une étape obligatoire : la digestion. La digestion est assurée par l'appareil digestif et ses glandes annexes : glandes salivaires, foie et pancréas. La digestion peut durer de quelques minutes à plusieurs heures, selon la qualité, la composition, la préparation et les conditions du repas.

L'action de digérer est un ensemble de phénomènes mécaniques et chimiques étroitement imbriqués qui transforment des aliments, substances étrangères à l'organisme, en éléments nutritifs assimilables dans le sang et utilisables par le corps comme matériau ou comme source d'énergie.

Les aliments suivent un long parcours qui commence dans la bouche, par leur absorption, et se poursuit dans l’estomac, puis dans les intestins. C’est sur la paroi de l’intestin grêle, tapissée de microscopiques villosités richement vascularisées, que se produit le passage des nutriments, riches en glucose, dans le sang.

L'ensemble des phénomènes digestifs aboutit à des éléments nutritifs simples (glucose, acides gras, acides aminés, sels minéraux, vitamines, eau) absorbés par la muqueuse intestinale et transportés vers le foie pour entrer dans le métabolisme ou y être stockés.

Les phénomènes chimiques de la digestion sont liés :

•   au rôle des sucs gastriques : salive, suc gastrique, bile, suc pancréatique ;

•   à l'action des enzymes digestives sur les glucides, les lipides et les protides.

Mastication des aliments

Les aliments sont ingérés par la bouche, où ils sont mastiqués, puis propulsés dans l'œsophage lors de la déglutition. Les dents coupent et écrasent les aliments en petits morceaux. Le rôle de la mastication est multiple, humidifier les aliments, réduire leur taille pour pouvoir les avaler et faciliter l'action des sucs digestifs, briser les fibres, mais aussi commencer la digestion des glucides. Sans attendre la première bouchée, les glandes salivaires commencent leur sécrétion. Il existe en fait deux types de salive  : celle produite à l’avant de la bouche, destinée à humidifier la bouche et les aliments et celle produite au fond de la bouche, plus visqueuse, destinée à lubrifier leur passage. La salive permet le compactage des aliments ; la langue les pousse vers l’arrière de la bouche, où ils sont avalés dans l’œsophage et acheminés jusqu’à l’estomac.

La salive contient des enzymes, les amylases, qui vont commencer la digestion chimique des glucides. Les molécules d’amidon (dans le pain, les pâtes, les pommes de terre, par exemple) sont transformées en glucose. Cette première digestion est une des raisons pour lesquelles il est indispensable de mâcher suffisamment longtemps ses aliments, le travail du reste du tube digestif s’en trouve facilité.
Les aliments broyés et mastiqués sont également désignés par le terme « bol alimentaire ».

Déglutition

Le mécanisme de déglutition assure la progression des aliments dans l'œsophage une fois ceux-ci compactés. Elle fait intervenir l'action synchronisée de plusieurs organes : la langue, le palais mou et le pharynx. En cas de « fausse route » une partie du bol alimentaire se dirige vers la trachée artère au lieu de se diriger vers l'oesophage. Dans ce cas il est impératif d'agir rapidement pour une obstruction de la trachée. Un coup appuyé du plat de la main dans le dos suffit en général. Le bol alimentaire dégluti progresse dans l'œsophage grâce à deux sortes de muscles, les uns verticaux, les autres circulaires, jusqu'au sphincter œsophagien inférieur, qui agit comme un clapet : à l'arrivée des aliments, celui-ci se relâche et libère l'accès à l'estomac.

Passage des aliments dans l'estomac

Celui-ci est fermé par un muscle en forme d’anneau (un sphincter) qui, normalement, laisse passer les aliments dans un seul sens pour éviter tout reflux. Situé entre l'œsophage (partie supérieure) et le duodénum (partie inférieure), l'estomac assure deux fonctions essentielles : la rétention du bol alimentaire et la dégradation chimique des aliments. La paroi de l’estomac est constituée de muscles robustes animés de contractions, qui brassent des aliments et les broient en plus petits morceaux. Cette paroi sécrète des sucs dits gastriques, un mélange d’enzymes ( protéines fabriquées par les êtres vivants et destinées à provoquer ou faciliter des réactions chimiques) et d’acide chlorhydrique, ainsi qu’un mucus destiné à éviter que l’estomac ne se digère lui-même. En cas d'excès d'acidité il peut y avoir un reflux oesophagien, voire une ulcération. Il existe des dizaines de milliers d’enzymes, chacune adaptée à une réaction chimique particulière. Dans le contexte de la digestion, les enzymes ont pour fonction de fractionner les molécules complexes en éléments plus simples et plus facilement absorbables par le tube digestif. Par exemple l’enzyme appelée lactase se charge de diviser le lactose (le sucre du lait) en glucose et en galactose. Mélangée à ces acides gastriques, la nourriture se transforme en un liquide appelé chyme. Le chyme est évacué par un sphincter appelé pylore avant d'entrer dans l'intestin grêle. La durée du passage des aliments dans l’estomac varie selon la quantité ingérée et leur teneur en graisses. Plus un repas est gras, plus sa digestion sera longue.

Absorption digestive des nutriments dans l'intestin grêle

L’intestin grêle est la partie la plus longue du tube digestif. Il mesure de 6,5 à 7 mètres de long et se divise en trois parties. : le duodénum, le jéjunum et l'iléon. Dans l'intestin grêle, les nutriments contenus dans le chyme sont exposés à des enzymes sécrétées par le pancréas et l'intestin qui finissent la digestion des protéines en acides aminés et celle des lipides en acides gras. La bile, un liquide verdâtre fabriqué par le foie et stocké dans la vésicule biliaire, solubilise les graisses comme le ferait un savon, facilitant ainsi leur absorption à travers la paroi de l'intestin. L'alcool qui n'a pas été digéré dans l'estomac est absorbé directement par l'intestin L'absorption de l'eau et des nutriments hydrosolubles (ex : acides aminés, glucose, fructose, vitamine C et vitamine du groupe B) s'effectue par voie sanguine. Les substances liposolubles (vitamine A, D, E, K) et les lipides sont absorbés par voie lymphatique, avant de rejoindre la circulation sanguine.

Pendant que la digestion chimique s’effectue, les contractions de l’intestin grêle font avancer les aliments. Ce long trajet donne suffisamment de temps à notre organisme pour absorber les différents nutriments à travers les cellules de la paroi de l’intestin grêle. Celle-ci forme une succession de replis, appelés villosités, sur toute sa longueur. Ces villosités sont elles-mêmes formées de replis plus petits, les microvillosités. Ces villosités et ces microvillosités accroissent considérablement la surface de contact, donc d'absorption, entre les aliments et l'intestin grêle (chez un adulte, cette surface est d'environ 200 mètres carrés, soit l'équivalent d'un court de tennis).

Élimination des déchets et réabsorption de l'eau dans le côlon (gros intestin)

Formant la dernière partie du tube digestif, le côlon a pour rôle principal l'élimination des déchets, l'absorption de l'eau et l'absorption de certaines vitamines par l'organisme. Le gros intestin - ou côlon - est plus court que l’intestin grêle et ne mesure qu’un mètre et demi. La grande majorité des substances digestibles ont été absorbées dans l’intestin grêle, seules l’eau et les matières indigestes se retrouvent à l’entrée du gros intestin. Son premier travail est de récupérer l’eau qui reste dans ces matières indigestes, puis de compacter celles-ci sous la forme de selles (fèces). Les selles, dont la couleur marron vient des pigments de la bile, sont composées de la partie indigeste des aliments, comme les fibres, de cellules mortes de la paroi intestinale et d’énormément de bactéries : celles-ci représentent jusqu’à 30 % du poids des selles ! Ces bactéries constituent la flore intestinale, un ensemble de micro-organismes qui colonisent notre intestin dès les premiers jours de notre vie. La flore intestinale (microbiote, facteur de notre immunité) représente environ 1,8 kilo du poids du corps et contient environ 10 000 milliards de bactéries regroupées en 400 espèces. Les résidus alimentaires (selles) transitent par le côlon et progressent jusque dans le rectum. La flore intestinale joue un rôle essentiel dans l’organisme :

•   elle participe au bon fonctionnement du système immunitaire ;

•   elle protège le tube digestif et l’organisme contre l’implantation et la multiplication de bactéries potentiellement dangereuses ;

•   elle participe à la synthèse de certaines vitamines : vitamines B5, B8 et B12 et vitamine K, par exemple ;

•   elle peut neutraliser certaines substances toxiques, les toxines, fabriquées par les germes à l’origine d’infections intestinales.

La flore intestinale  décompose également les acides aminés présents dans les matières non digérées. Cette décomposition produit des substances qui donnent leur odeur caractéristique aux selles. De plus, les bactéries de la flore peuvent digérer une partie des fibres indigestes, dégageant ainsi des gaz très incommodants, en particulier lorsque les aliments étaient riches en soufre (comme les choux, les oignons, le fromage, les œufs) ou en protéines du lait.

L'équilibre fragile de la flore intestinale

Plusieurs facteurs peuvent déstabiliser la flore intestinale : les traitements médicamenteux (antibiotiques, chimiothérapie anticancéreuse, etc.), les germes infectieux (salmonelles, clostridies, etc.), les modifications du transit (diarrhée ou constipation) mais aussi, entre autres, le déséquilibre alimentaire et la dénutrition. L’hygiène de vie et le stress sont également suspectés d’influencer la santé de notre flore intestinale. Un déséquilibre de cette flore pourrait contribuer à une sensibilité accrue aux infections, aux troubles digestifs et aux allergies alimentaires.

Evacuation des selles

Les selles transitent par le rectum, où elles sont stockées avant la défécation, induite par un mécanisme réflexe et un mécanisme contrôlé par les sphincters . Une bonne position sur les toilettes favorise une évacuation plus aisée.

Relation cerveau / digestion

Notre cerveau n'intervient qu'à deux moments. Au moment de l'ingestion, grâce aux nerfs sensitifs, aux papilles qui nous renseignent sur ce que l'on va ingérer et déclenche la production de salive et de suc gastrique et au moment de l'évacuation lorsque le sphincter réflexe nous avertit d'un besoin d'évacuer. C’est le cerveau conscient qui agit sur le sphincter permettant alors de commander ou de retenir l'évacuation.

Notes du Docteur Y.Le Roy

1) La digestion se déroule en 3 étapes qui se succèdent le long de l’appareil digestif

-          L’étape d’absorption de la bouche à l’estomac dure environ 2h et prépare les aliments à la digestion proprement dite

-          L’étape d’assimilation du Duodénum à la fin de l’intestin grêle dure 3h30 à 4h et correspond à la dégradation du chyme alimentaire imprégné de bile et de suc pancréatique en ses plus petites molécules : Acides aminés pour les protides, Sucres simples pour les glucides et Acides gras pour les lipides. Ces nutriments vont passer dans le sang de l’intestin grâce aux replis de la muqueuse de l’intestin grêle (villosités). De là les molécules digérées gagnent le foie qui les redistribuent à tout l’organisme.

-          L’étape d’évacuation le long du colon et du Rectum dure plusieurs dizaines d’heures et permet de réabsorber l’eau en excès de compléter la digestion des glucides et des protides non encore digérés et en permettant l’évacuation des gaz et des selles de façon socialement acceptable

2)

 Le transit intestinal s’apparente à un trajet sur un fleuve grâce à l’action d’un ensemble de neurones que l’on compare à un « cerveau du ventre » évaluer à 200 millions soit l’équivalent du cortex cérébral d’un chien. Ces neurones réagissent à l’arrivée des aliments par une action sur 2 groupes de muscles de la paroi de l’intestin : des muscles circulaires qui rétrécissent le calibre et des muscles longitudinaux qui raccourcissent la paroi : ainsi se réalise le péristaltisme qui permet le transit de l’amont vers l’aval du chyme alimentaire.

Cet ensemble de neurones communique en permanence avec notre cerveau par l’intermédiaire d’un gros nerf « Pneumogastrique », mais il est capable d’assurer à lui seul la plupart des étapes de la digestion.


Vidéo