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Rock et classique, un mariage fructueux
Guillaume Kosmicki, musicologue

Vous avez dit rock ?

Ce mouvement  de musique mais aussi de danse naît en 1954 aux Etats-Unis. Epoque de renouveau social : les teen-agers, adolescents du baby-boom, s’imposent avec leurs codes nouveaux et leur impact économique. Le rock est fait pour eux. Il fait la jonction entre la country music et les musiques noires : blues, jazz libérant le corps.
Ecoute d’Elvis Presley (1957)

 Vous avez dit classique ?

On se fait habituellement du classique une image policée, disciplinée. Mais là aussi on trouve des virtuoses étonnants : Vivaldi au violon, ainsi que Paganini, surnommé « violoniste du diable » ; Franz Liszt et son jeu physique au piano, à l’inverse de Chopin intime et romantique. Les concerts de Liszt suscitaient le délire dans les salles, l’enthousiasme dans les salons. Berlioz aussi « cassait la baraque », pour épater le bourgeois.
Yngwie Malmsteen, musicien suédois né en 1963, influencé à la fois par Jimi Hendricks et le « diable » Paganini, passe de la guitare acoustique à la guitare électrique, et emprunte dans  sa musique de nombreux éléments aux classiques Tocatta en fugue et Re mineur de Bach.
Ecoute d’un concerto pour guitare et orchestre (surenchère orchestrale que pratiquait également Berlioz).

 Rock et instruments classiques

Ray Charles, un des pionniers de la soul music, mêle gospel, blues, rock. En 1963 il chante « Georgia on my mind » accompagné par un orchestre à cordes. Il est interdit pendant des années de se produire en Georgie parce qu'il refuse de jouer dans une salle où l'on pratique la ségrégation raciale au début des années soixante. En 1979, sa version devient l’hymne de l’état de Georgie.
Beaucoup d’artistes accompagnent le rock d’instruments de musique classique :

Les Beatles profitent des moyens financiers dus à leur succès pour engager de nombreux collaborateurs (arrangeurs, techniciens du son…) et multiplier les expériences.« Yesterday », guitare folk et quatuor à cordes.
Mais les moyens techniques de l’époque ne leur permettent pas de produire ces expériences sur scène, ils doivent se contenter de l’enregistrement en studio.

Sergent Peppers Lonely Heart Club Band (1967) est le fruit d’un long travail de composition et d’enregistrement avec de nombreux collaborateurs. Parmi ceux-ci un orchestre symphonique auquel on impose un « happening » : jouer sans partition, et faire monter librement la note jusqu’à un mi bémol, avec des déguisements, un film tourné avec un public hilare qui participe à l'événement. Le classique et le rock ne sont plus juxtaposés mais réunis.
Ron Geesin et Pink Floyd - Atom Heart Mother (1970), composition par Ron Geesin pour un groupe instrumental en symbiose avec le rock : thème rythmique joué par les cuivres, puis thème lyrique au violoncelle, et enfin guitare électrique. A noter l’opposition des thèmes comme dans une symphonie classique.
Alliance du hard rock et du classique avec Deep purple, Concerto for group and orchestra (composé par le claviériste du groupe en 1969).

 Les contacts par l’enseignement

Beaucoup de musiciens du rock sont passés par les conservatoires, et de nombreux thèmes classiques ont été repris par le rock dans les années 60.
Le thème de Casse-Noisette de Tchaïkovski, repris dans Nut Rocker par le groupe Bumble and the stingers (1962).
Thème de l'Aria de Bach dans Suites pour orchestre, repris par Procol Harum, whiter shade of pale
Thème du Canon de Pachelbel repris par Aphrodite’s Child dans Rain and and tears.
Les Doors s’inspirent d’Albeniz Asturias, Jim Morrison s’inspire de l'adagio d’Albinoni.

Le rock progressif (années 70)

Frank Zappa, très inspiré de Stravinsky, Varese, Anton Weben, compose une musique très riche, ni jazz ni rock ni classique mais tout à la fois.
Groupe ELP (Emerson, Lake and Palmer) : nombre de leurs pièces sont des arrangements ou contiennent des extraits de musique classique. Ils reprennent en 1977 la Fanfare for the common man composée en 1943 sur commande de Roosevelt pour soutenir l’effort de guerre américain.
Les thèmes classiques ont été aussi repris dans des chansons, par Serge Gainsbourg par exemple (Baby alone in Babylone, thème emprunté à Symphonie de Brahms).