Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Une histoire du théatre à travers l'espace de jeu.
Sydney Bernard, comédien, metteur en scène

An 0 : Le théâtre est aussi vieux que le début de l’humanité : l’invention du langage qui permet de se raconter, se raconter permet de savoir qui on est, d’où on vient, où on va. Viennent progressivement les mots, puis la syntaxe, la grammaire. Le langage a permis la survie de l’homo sapiens. L’homme de Neandertal ne possédait pas le langage, c’est sans doute ce qui a causé sa disparition.
Age des grottes et de la richesse de leurs dessins : on ne dessine que ce qu’on peut nommer. Les habitants de ces grottes ont dû faire cercle autour du feu et échanger leur parole.
Dans l’Histoire le théâtre a son origine en Orient. Dionysos, que célébrait le théâtre grec, est une divinité orientale. Le premier écrit connu est un extrait de l’épopée de Gilgamesh, conte extraordinaire du pays de Sumer (Irak actuel).Mais ce sont les Egyptiens qui ont inventé les grands rituels sacrés et leur caractère de représentation théâtrale.

An -500 : Le théâtre proprement dit a son origine en Grèce.
Deux espaces : une scène de petite dimension pour les acteurs, un cercle plus grand pour le coryphée et le chœur.  Le public est assis sur des gradins le plus souvent bâtis à flanc de colline et faisant face à une ouverture sur de magnifiques paysages.  Architecture simple, pas de « vomitoriums » pour faciliter la circulation.
Les acteurs portent des masques dont la bouche grande ouverte fait office de porte-voix, et aux pieds des cothurnes pour être à la hauteur du public.
Les grands auteurs (Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane) ont présenté leurs œuvres lors des fêtes appelées Dionysies. Les dieux sont très présents dans les tragédies (lien avec les anciens rituels).  

An -100 : Le théâtre romain : la civilisation grecque décline, Rome étend progressivement sa puissance et emprunte à la Grèce le meilleur de sa culture. Au théâtre on garde les gradins. La scène prend de plus larges dimensions  et  se ferme d’un mur de scène. L’architecture s’enrichit, on invente les décors, les machineries, les transformations, les décors tournants. Mais on garde le cercle et les masques. La littérature théâtrale des Romains est moins riche que celle des Grecs. La parole se déplace à la politique. Le spectacle, offert au peuple par l’empereur, devient outil de pouvoir. Le cirque, dont l’architecture est de plus en plus complexe, multiplie les genres : combats de gladiateurs, batailles navales, courses de chars. Spectacles souvent sanglants dont les victimes étaient généralement des prisonniers.

An 306 : Constantin 1er, premier empereur chrétien, ordonne la destruction de tous les cirques. Il en reste des vestiges plus ou moins importants, mais rien du Circus maximus à Rome par exemple.

Du IVème au Xème siècle les invasions barbares se succèdent en Occident, anéantissant toute activité théâtrale proprement dite. Les lieux de culture sont détruits, d’autres artistes apparaissent : mimes, bouffons, jongleurs, fous du roi, saltimbanques, montreurs d’ours… Peu de textes écrits mais des spectacles variés dans des lieux variés. Le fou du roi, issu d’une famille où l’inceste fournissait sur commande des êtres monstrueux, donnera plus tard naissance au Polichinelle bossu de la Commedia dell’arte.

An 1 001 : date symbole de renouveau après la grande peur de l’an 1 000.

Dans l’Occident christianisé le spectacle naît de nouveau du rituel : représentation des « Mystères » sur le parvis des églises, avec la gueule de l’enfer comme élément du décor, le diable comme personnage incontournable, l’évocation de nombreuses scènes bibliques.
En même temps et en concurrence apparaît le théâtre de tréteaux, espace de liberté et d’improvisation, dont les comédiens subissent la censure et l’excommunication. Jusqu’au XVIème siècle où même Louis XIV ne pourra obtenir que Molière soit enterré en terre consacrée.

An 1450 : Gutenberg et l’imprimerie. Invention très importante : désormais plusieurs acteurs peuvent répéter ensemble sur le même texte, et la voie est ouverte aux grands auteurs dont le texte est fixé par écrit.

XVIème siècle :

La Commedia dell’arte, littéralement : Comédie de l’art, naît en Italie : ce sont les premières troupes professionnelles. Des acteurs qui savent jouer évoluent sur une scène avec décors, et entremêlent passages écrits et improvisations, lazzis. Ils forment un ensemble de personnages stéréotypés avec chacun son masque, son costume et son caractère: Zanni, Arlequin, Pantalon, Polichinelle, Scaramouche, le docteur, le matamore… Les personnages féminins (Colombine et Isabelle) ne sont pas masqués.
En Angleterre la reine Elisabeth 1ère promeut le théâtre et protège Shakespeare. Dans le « théâtre shakespearien », de nouveau fait d’un cercle entouré de balcons, se jouent les plus beaux textes du théâtre.
Le théâtre à l’italienne : Théâtre fermé, construit grâce à des mécènes. L’éclairage, devenu nécessaire, se fait à la bougie, et le temps d’un acte est celui que mettent les bougies à se consumer. Danger du feu : tous les théâtres ont connu des incendies.

XVIIIème siècle :

- Voltaire libère la scène de la cour royale, qui jusque-là siégeait sur les côtés. Il devient possible de créer des perspectives et d’évoluer sur la scène.
- 1760 : Beaumarchais invente la Société des auteurs, ancêtre de la SACEM. Ecrire des pièces peut devenir rentable.
- 1774 : le cirque moderne vient d’Angleterre, inventé par Philippe Astley. A l’origine spectacles de chevaux, accompagnés plus tard de tours de force et de souplesse, sérieux ou comiques. Le clown assure le spectacle comique en mimant et caricaturant les acrobaties équestres.

XIXème siècle :

Apparition de l’éclairage au gaz. On peut allumer et éteindre les lampes à gaz, ce qui permet de faire le noir dans la salle pendant la représentation et d’obtenir le silence du public.
A la fin du siècle apparaît l’éclairage électrique. Sur une scène éclairée jusqu’au fond (et plus seulement par les « feux de la rampe ») on peut faire de la mise en scène. Aux siècles précédents des personnages statiques déclamaient du texte sur le devant de la scène. Désormais les personnages vont évoluer sur scène et recréer les situations de la vie réelle. En Russie perfectionnement de la mise en scène et du jeu de l’acteur grâce à Constantin Stanislavski et Vesvolod Meyerhold avec entre autres des pièces de Tchekhov, Maeterlinck, Gorki, Ibsen à partir des années 1910.

XXème siècle :

On construit des théâtres de différentes formes avec une machinerie évoluée.
En 1981 naissance du théâtre de rues où on retrouve le cercle de spectateurs autour d’un espace scénique en plein air.
Aujourd’hui de nouvelles formes se multiplient à l’infini, qu’il s’agisse d’architecture, de mise en scène ou de texte.