Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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Les chauves-souris
Matthieu Ménage - Association Amiriko, Maison de la chauve -souris - Kernascléden
Mythes et réalités :
Emblème du mal et de l'horreur, la chauve-souris souffre, à tort, d'une bien mauvaise réputation ! Insectivore vorace, elle est au jardin une alliée de poids contre les moustiques et les mouches. Souvent taxée de vampirisme et annonciatrice de malheur, la chauve-souris est une espèce protégée depuis 1976, mais reste victime de sa mauvaise réputation.
Les croyances populaires autour de la chauve-souris sont tenaces et lui ont causé beaucoup de tort.
- Par exemple, les chauves-souris ne sont pas des “souris volantes”, mais un ordre de la classe des mammifères.
- Même si elles peuvent transmettre la rage, seule une toute petite partie peut être porteuse de la maladie. Quant aux “chances” de se faire mordre par une chauve-souris enragée, elles sont aussi minimes que celles de gagner au loto, de l’ordre de 1 sur 10 millions.
- La chauve-souris est insectivore en Europe, le mythe du suceur de sang ne vaut qu’en Amérique du sud où seules 3 espèces se nourrissent de sang animal.
- Enfin, la chauve-souris n’est ni bête, ni aveugle ; grâce à son super radar, aucune chance qu’elle s’agrippe à vos cheveux.

La sorcellerie :
On fait mention de la chauve-souris dans quelques ouvrages consacrés à ce sujet, avec notamment la notion de l'invisibilité, tel Abramelin le mage, Albertus Magnus, Alibeck l'Egyptien, qui utilisent le sang, le coeur pour d'autres secrets et le Docteur Price dans son expérience de métamorphose du bouc.

La pharmacopée :
elle est douée de nombreuses vertus curatives selon Pline l'ancien,

Le symbolisme : En chine elle est symbole de vie et de longévité, de onheur, de richesse..

Légendes à travers le monde
En Afrique du Nord, elles sont utilisées dans certaines pratiques occultes. En Chine, il n'est pas rare d'apposer sur sa maison le dessin de sept pipistrelles en guise de porte-bonheur. Leur nom français dérive du terme bas latin, cawa sorix, signifiant "chouette-souris", qui souligne la singularité de ce mammifère volant. En chine, les chauves-souris sont synonymes de bonheur : le mot chinois « FU » signifie à la fois chauves-souris et bonheur. Lorsqu’un mariage avait lieu, il était de coutume d’offrir aux jeunes mariés une assiette représentant 5 chauves-souris (pour les cinq bénédictions de la vie) en guise de porte-bonheur. On trouve aussi la chauve-souris dans le culte maya à travers le dieu Camatoz, un dieu chauve-souris. On le décrit comme une créature dotée d'un corps humain et d'une tête de chauve-souris, animal qui, dans la culture maya, est associé à la nuit, à la mort et au sacrifice.
 
La famille des chauves-souris

Pourvue de poils, animal à sang chaud possédant deux ceintures (épaules et bassin) allaitant ses petits, elle est un mammifère. Elle représente 21% des mammifères et compte 1116 espèces sur les 5418 que compte le règne des mammifères. Elle comprend des Mégachiroptères (grosses) comme la senex, la chauve-souris bouledogue, des hématophages (se nourrissant de sang) vampire d'Araza, et des Microchiroptères (petits), la chauve-souris blanche, la pipistrelle la Glossophage, pollinisatrice. Son métabolisme est le plus rapide de tous les mammifères et nécessite l'administration d'une grande quantité de sucre. La chauve-souris l'obtient en se nourrissant de pollen et de nectar qu'elle butine très succinctement. Grâce à un vol sur place, elle introduit sa langue dans la fleur et boit le liquide sucré en quelques secondes grâce à sa langue très longue. Elle joue ainsi un rôle dans la pollinisation.


Caractéristiques morphologiques
- C'est un mammifère (Squelette) volant, "chiroptère" de chiro (main) et ptère (aile). Le membre supérieur est constitué de 5 doigts comme celui de l'homme. Elle pratique le vol battu ou le vol stationnaire et peut atteindre 50 km / h. Les fréquences de battements des ailes peuvent être de 10  par seconde. A ne pas confondre avec les "planeurs" commele Polatouche (rongeur, ici en vol) ou le Phalanger.(omnivore)
- Elle dispose d'un accrochage passif qui ne nécessite aucun effort. Son tendon supplémentaire agit sur la griffe sous l'effet de son poids, ce qui fait que même morte elle peut rester accrochée. Le système circulatoire est aussi adapté au vol : le cœur est trois fois plus gros que chez un mammifère de la même taille et bat deux à six fois plus vite en vol qu’au repos. Ceci permet d’irriguer les muscles de l’aile.

- Le cycle de vie des chauves-souris :
    L'hiver : le vol et l’écholocation leur demandent énormément d’énergie et leur imposent donc une grande consommation de proies. Sous notre climat tempéré, ce n’est possible qu’aux beaux jours. Les espèces européennes pratiquent alors lhibernation pour palier à cette absence temporaire de ressources alimentaires en hiver. Lorsque la température extérieure diminue jusqu'à devenir fatale aux insectes dont elles se nourrissent, les chauves-souris hibernent dans des cavités (grottes, ponts, souterrains, arbres creux, ...). Généralement ces cavités ont une température positive (8 à 10° en moyenne) et une hygrométrie suffisamment importante pour éviter le dessèchement de leur membrane alaire. Au cours de l’hibernation, leurs fonctions vitales ralentissent, le rythme cardiaque diminue et  leur température interne baisse jusqu’au niveau de la température ambiante, leur permettant ainsi, en limitant leurs dépenses énergétiques, de survivre au manque de nourriture.
    Le printemps :
reprise des activités
        La chasse
: Au printemps, les températures remontent et les insectes sont de retour, les chauves-souris peuvent reprendre leur activité de chasse. Elles se déplacent alors vers leur gîte d’été et leurs terrains de chasse.
        La mise bas
: A partir de mai, les femelles se regroupent en nombre plus ou moins important selon les espèces dans des endroits chauds, calmes et sombres comme par exemple des arbres creux, des greniers, des ponts ou des grottes. Dans ces gîtes de mise bas les femelles donneront naissance à leur unique (rarement à des jumeaux) petit de l’année (parfois à des jumeaux) en début d’été, à une période où abondent les insectes.
   
Particularité de la reproduction : une fécondation décalée (ovulation différée). A l’automne, dès que les jeunes sont capables de chasser seul et avant l'hibernation, les deux sexes se retrouvent pour l’accouplement. L’accouplement peut avoir lieu dans divers sites selon les espèces : gîtes de mise-bas, d’hibernation ou transitoires. Même si l’accouplement a eu lieu à l’automne, le développement des embryons ne démarre qu’au printemps chez presque toutes les espèces. Car les femelles conservent le sperme dans leurs voies génitales et l’ovulation et la fécondation ne se déclenchent qu’à la fin de l’hivernage.
    Eté : Naissance des petits. Chaque femelle donne naissance à 1 seul petit, qu'elle allaite et porte sur son ventre. Elles créent sur place des nurseries – les mâles vivent en général sur des territoires alentour –, véritables essaims de mères et d’enfant agrippés les uns aux autres pour garantir la thermorégulation(les bébés n'arrivent pas à rgulr leur température quand ils sont jeunes).
       
Echolocation Les chauves-souris utilisent leur ouïe pour se repérer la nuit ou au crépuscule. Cette capacité s’appelle l’écholocation. Ce système ressemble à celui d’un radar : les chauves-souris émettent des sons qui sont renvoyés par les objets qui les entourent sous forme d’un écho. A partir de cet écho qu’elles entendent, grâce au "tragus" équivalent de notre lobe,  les chauves-souris peuvent créer une image mentale de leur environnement tout comme nous le faisons à l’aide de nos yeux qui reçoivent la lumière réfléchie par les objets qui nous entourent. Les sons utilisés par les chauves-souris sont des ultrasons, c'est-à-dire qu’ils sont trop aigus pour que l’oreille humaine les entende. L’écholocation suppose une acuité auditive hors du commun. Les chauves-souris ont d’ailleurs de très grandes oreilles proportionnellement à la taille de leur tête et en rapport avec leur terrain de chasse. Elles seront plus longues dans un terrain de chasse couvert (forêt) qu'en terrain ouvert. L’écholocation nécessite d’autre part la faculté d’émettre des ultrasons très puissants de manière très précise ce qui est très couteux en énergie. En vol de chasse, les chauves-souris émettent des ultrasons de façon synchronisée avec leurs battements d’ailes ce qui permet d’économiser de l’énergie ; elles émettent donc à intervalle de temps régulier. Lorsqu’elles ont repéré un insecte, elles émettent plus rapidement et en direction de la proie, ce qui leur permet de l’appréhender de façon plus précise. A l’inverse, lorsqu’elles parcourent un terrain connu, par exemple à la sortie de leur gite, elles n’émettent pas à chaque battement d’ailes mais plutôt une fois tous les deux ou trois battements.

Nourriture : Les chauves-souris se nourrissent : d'insectes, carabes, hannetons, bousiers; mouches, papillons....le murin de Daubenton se nourrit d'alevins qu'il attrape au vol à la surface de l'eau. Une pipistrelle, la plus petite des espèces, peut attraper 2 000 moustiques en une nuit, d'où son intérêt écologique.

En Bretagne : On peut rencontrer le petit rhinolophe, le grand rhinolophe,(ici en chasse en vol) le grand murin (en chasse au sol), le murin de Daubenton (en chasse au dessus de l'eau) près des points d'eau, le murin à moustaches en forêt, le murin de Bechstein, le murin de Natterer, l'oreillard, la barbastelle, la sérotine commune (hangar et chapelle) et la pipistrelle.

Prédateurs naturels : quelques oiseaux diurnes : corbeau, choucas, faucon crécerelle, des rapaces nocturnes : chouette effraie, hulotte, hibou, des mammifères : lérot, renard, fouine, martre, mais aussi la couleuvre..sans oublier les chats (responsables de la disparition de75 000 000 d'oiseaux en France par an)

Les menaces : La destruction volontaire par l'homme par superstition et méconnaissance de son rôle écologique, la destruction des zones humides et par voie de conséquence des insectes, nourriture de base des chauve-souris, les produits phytosanaitaires, l'urbanisation, les éoliennes, les réseaux routiers ....

La maison de la Chauve-souris : Depuis plusieurs années, elle fait un suivi de population de colonies recensées, un inventaire des sites, recensement de gîtes, enregistrements acoustiques, capture de spécimens, suivi de spécimens balisés, édition de cartes... Elle intervient beaucoup auprès des enfants pour faire une sensibilisation à l'espèce...