Université du temps libre "Kreiz Bro leon" - compte rendu de conférence

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L'urbanisme, leçon d'une expérience
Edmond Hervé, ancien Maire de Rennes.

Remarques préliminaires :

- L’urbanisme sert une stratégie de développement dont tous les thèmes se tiennent.
- La ville est une création humaine et chaque ville est unique. Il n’y a pas de « ville modèle ».
- L’urbanisme consiste en la localisation d’activités sur un territoire. Sa finalité est la qualité de la vie. Ses composantes (habitat, activités économiques, loisirs et tourisme, équipements collectifs, salubrité) sont définies dans le texte de loi du 18 juillet 1985 sur l’aménagement urbain. « Aménager » implique « ménager », c’est-à-dire respecter, préserver.
- La notion de ville a évolué. Hier limitée à la commune, elle s’étend désormais souvent à l’agglomération, ensemble de communes présentant une certaine unité. L’Union Européenne parle de ville polycentrique, où les différents lieux de vie d’une seule personne (domicile, travail, loisirs…) appartiennent à plusieurs territoires communaux. Cette situation appelle le développement de l’intercommunalité pour répondre aux besoins créés, par exemple dans le domaine des transports ou celui du logement.
- Cette évolution ne fait pas des villes européennes des mégalopoles. Jusqu’ici la dimension humaine est sauvegardée.
- Pendant longtemps les villes ont été soumises à un urbanisme d’Etat (création de ZUP, Zones à Urbaniser en Priorité). La décentralisation a permis un transfert de compétences à l’intercommunalité, faisant ainsi de la fonction publique intercommunale une fonction d’avenir.

Le projet urbain

Pas d’urbanisme sans un projet urbain : vision d’avenir qui doit prendre ses racines dans l’évolution historique de la ville, séculaire et même millénaire. Cette notion de projet est indispensable même si elle n’a pas de caractère juridique.
Ce projet est un acte prospectif, une représentation de l’avenir de la ville à 15 ou 20 ans : sa mise en œuvre est conditionnée par la lenteur des procédures administratives, le temps des recherches archéologiques préalables, les aléas du contentieux, la recherche des entrepreneurs.
Enfin le projet n’est pas définitif. Il peut être contrarié par un évènement inattendu comme la faillite d’un entrepreneur.
Etape importante avant la réalisation : la mise en place du budget.

Principes d’un idéal humaniste :

La mixité dans tous les domaines :
- Mixité sociale, offrant le même accès à la ville pour toutes les catégories de population, sans exclusion, et sans création de quartiers réservés et préservés.
- Mixité géographique, par l’intégration de toutes les parties du territoire.
- Mixité fonctionnelle : présence sur le même territoire de toutes les activités vitales : commerces, loisirs, sport, espaces verts, écoles, lieux culturels.
- Mixité intergénérationnelle. Exemple : ne pas éloigner du centre une maison de retraite.

Le principe de centralité :

Il faut un centre, un symbole, un lieu accessible à toute la population sans que personne puisse dire « ce n’est pas pour moi ».

Le principe d’accessibilité.

Procédure de Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) :

(Depuis 1967 La ZAC remplace la ZUP qui a fait pousser de grands ensembles à l’époque où l’urgence était de créer des logements en grand nombre.
La Zone d’Aménagement Concerté est un espace défini à l’intérieur duquel on s’efforce de mettre en œuvre les principes ci-dessus.

L’initiative appartient à la collectivité locale.

Les démarches préliminaires : une étude d’opportunité en fonction de l’évolution démographique ; une enquête auprès de la population : écouter, recueillir les demandes, mais aussi faire savoir, communiquer sur le projet ; une recherche d’équilibre entre le public et les promoteurs privés.
Une fois la décision prise la réalisation peut se faire soit en régie (ex. par la commune), soit par délégation (ex. sociétés d’économie mixte), mais sans que la commune abandonne le contrôle.
Les multiples aspects de l’entreprise font intervenir une grande diversité de professionnels (géomètres, architectes, ingénieurs, économistes, urbanistes, promoteurs, archéologues…). Le chef d’orchestre est le maire avec son conseil.

Durée minimum de la réalisation : 5 ans, souvent de 10 à 15 ans : durée malheureusement sans proportion avec le temps très court dont dispose celui qui cherche à se loger.

Quand vient le bilan s’il y a déficit c’est de la responsabilité de la collectivité.

Toute réalisation requiert que la collectivité dispose d’une propriété foncière. Pour l’acquérir privilégier l’accord à l’amiable : l’expropriation doit être exceptionnelle. N’acquérir un terrain que si on sait quoi en faire. Plutôt que d’acquérir un terrain aménagé il vaut mieux si possible acquérir un terrain aménageable. Le coût du logement étant soumis à la loi du marché, il faut maîtriser le coût des constructions. Travailler avec des promoteurs ayant le sens du service public.

Conclusion : L’urbanisme est au point de convergence de toutes les attentes de la population. Ne jamais oublier d’autre part la relation de la ville avec l’extérieur, afin de préserver l’équilibre entre la société urbaine et la société rurale. L’urbanisme s’applique « urbi et orbi », à la ville et à ce qui l’entoure.